Gama Boonta, rappeur de la Haute École #2

Articles & interviews, Musique

« Éragny-sur-Oise, pépinière des musiques urbaines » #2

Ebenezer Lompo (21 ans), alias Gama Boonta, compose ses titres au sein de la Haute École, collectif d’Éragny-sur-Oise qui aide les artistes à se développer.


Dans la cour de récrée du lycée Galilée à Cergy, c’est là que tout commence. « En classe de seconde, ma bande d’amis et moi écoutions beaucoup de rap. Nous avions eu l’idée de créer un groupe » relate Ebenezer. « Un matin, on s’est retrouvés à la pause de 10h, avec notre texte écrit ». En cercle, les premiers freestyles fusent. Des rimes percutantes, des cris d’excitation et des petits attroupements de lycéens viennent entendre les textes déclamés. Ainsi est né Chap Chill, le premier groupe de rap d’Ebenezer, en 2014. Pendant un an et demi, le jeune rappeur fait ses armes au sein du groupe, aujourd’hui dissout.

Enjoué, Ebenezer n’a pas cessé de travailler sa plume. Il se fait remarquer par Bass, rappeur et co-fondateur de la Haute École, grâce à ses articles sur son blog « Le Cercle Vertueux ». Ebenezer évolue au sein du collectif depuis maintenant quatre années. Un soir, devant ses comparses, le jeune artiste fait entendre sa voix grave. « A la fin de chaque réunion, les membres de la Haute École ont l’habitude d’improviser des textes ». Du haut de son mètre 93, il appréhende. D’une voix chevrotante, Ebenezer lâche un couplet. « A ma grande surprise, tous ont été très réceptifs ». Le jeune Éragnien se fait un nom : Gama Boonta.

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Yanis, Julien, Bass, Ebenezer et Marvin, membres de la Haute Ecole

Des influences culturelles variées

Gama Boonta, ça veut dire quoi ? « Je suis fan du manga Naruto. Mon pseudonyme fait référence au personnage Gamabunta, un crapaud géant. C’est un vieux sage » sourit-il. « On me décrit souvent de quelqu’un de calme, alors le lien a été vite trouvé ».

Le jeune artiste enchaîne les enregistrements. Après son premier EP Jeu de Frime en 2016, il sort un deuxième projet Nénuphar City à l’été 2017. « C’est une ville fictive qui réunie mes influences américaines, asiatiques et africaines » s’enthousiasme-t-il. Ebenezer fait de nombreuses références à ses voyages : Boston, Tokyo et le Burkina Faso.

« Verse du bissap et du saké sur le sol » fredonne le jeune rappeur. Le titre « Bissap & Saké », extrait de Nénuphar City, donne à voir les sources d’inspiration de Gama Boonta. Le bissap est une boisson d’Afrique de l’Ouest à base de fleur d’hibiscus que sa maman prépare régulièrement. Le saké est une boisson alcoolisée japonaise. « Les paroles de la chanson font référence à la libation dans l’Antiquité. Il s’agit d’un rituel religieux qui consiste à verser une boisson sur le sol en offrande à un dieu. Je me suis également inspiré de clips de rappeurs américains qui versent du champagne à 1000$ sur le sol en hommage aux amis décédés » explique-t-il.

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Pochette « Nénuphar City » – © PolHermann Poupard et Antoine Dumartin

La découverte de la scène

Vibrer, chanter et partager. Ebenezer aime être sur scène. En 2017, dans le cadre de l’inauguration de l’Espace Initiatives Jeunes qui accompagne les jeunes Éragniens dans leurs projets, la Haute École a bénéficié d’une résidence artistique à la Maison de la Challe pendant une semaine. « On a travaillé notre scénographie : les déplacements sur la scène, les interactions avec le public et utiliser le ventre plutôt que crier dans le micro ».

« La scène donne une autre dimension à nos musiques » suggère Gama Boonta. Le jeune rappeur écrit des morceaux spécialement pour ses concerts, comme « Yogourt » sorti en mai 2018. « Ce titre a beaucoup plu sur scène. Lorsque le public est réceptif, ça me motive davantage ». Suite au succès de cette chanson, Gama Boonta l’enregistre en studio et réalise le clip avec l’aide de Julien et Antoine, membres de la Haute École.

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Concert au Candy Shop, décembre 2017 – © Ce Jean-Pascal

 

Gama Boonta prépare un nouvel EP intitulé Karité, prévu en octobre prochain.

Laura Barbaray


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Prochain épisode : Moums →

Article à retrouver dans la Gazette du Val d’Oise (n°2215, paru le mercredi 22 août 2018).

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2 réflexions sur “Gama Boonta, rappeur de la Haute École #2

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