Interview : Axel Deval et son « monde-fantaisie »

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« Transgenèse ». C’est le titre du nouvel album d’Axel Deval, sorti le 22 février dernier. A cette occasion, l’artiste repéré par Groover revient sur son parcours et comment il a composé son nouvel album. Rencontre.


Tout d’abord, peux-tu te présenter ?

Je suis auteur-compositeur-interprète, né à Versailles mais j’ai grandi à Rouen. Puis je suis parti à Paris pour la musique et pour travailler vers 25 ans.

Comment es-tu entré dans le monde de la musique ?

Tout a commencé très tôt, par des cours de piano à l’âge de 4-5 ans, puis de trompette à partir de 7 ans. J’ai découvert à la même période les grands groupes des années 60, notamment les Beatles, et j’ai tout de suite ressenti le besoin de m’exprimer via l’écriture de chansons, ça ne m’a jamais quitté. Ce qui a été plus compliqué, c’est de m’affranchir de certains conditionnements dus à l’éducation, à l’héritage culturel, et acquérir suffisamment de liberté pour tenter de construire un univers propre. Tout ceci s’est fait à Paris justement, grâce à des rencontres et une ouverture à la diversité.

© Mathieu Genon

Tu as eu une période « d’errance » où tu t’es consacré à l’écriture et à la composition. Quelle a été l’influence de la littérature sur ton oeuvre ? Il y a un air de Modiano, ou encore de Houellebecq dans tes chansons… peux-tu nous éclairer ?

Les périodes d’errance sont nombreuses en fait. Elles reviennent à la charge deux années sur trois (il y en a des pires que d’autres ceci-dit). La littérature est un moyen de nourrir les textes et de ne pas ressortir systématiquement les mêmes termes. C’est un peu le danger quand on écrit des chansons, de ressasser les mêmes thématiques. Plus on s’ouvre, plus on explore, plus l’inspiration sera riche a priori. Enfin pour moi en tout cas.
C’est drôle que tu me parles de Modiano, car je lisais effectivement « Fleurs de ruine » pendant l’écriture de certaines chansons de l’album. Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait une inspiration, le titre me parlait, c’est tout. Houellebecq en a un peu plus, en tout cas pour une chanson du premier album. Je me reconnais dans ces errances urbaines qu’il décrit, ces perditions, j’ai l’impression de les vivre régulièrement.

Quelles sont tes influences musicales ? Comment composes-tu habituellement ?

Mes influences musicales dépendent beaucoup des périodes. J’ai un peu l’impression d’être quelqu’un d’autre quand j’écris. Soudain, on endosse un rôle, les textes semblent venir d’ailleurs. Parfois j’en comprends le sens en le relisant, comme s’il s’agissait d’une dictée écrite sans faire attention sur le moment à ce qu’elle raconte. C’est très curieux. En fait, j’ai beaucoup de croyances, et la composition vient s’intégrer dans ce système de croyance justement. J’écoutais une interview de Léo Ferré récemment qui décrivait la même chose.
Les chansons les plus intéressantes arrivent toujours dans des moments de doutes profonds et de dépersonnalisation. J’ai du mal à sortir de chez moi pendant ces périodes.

Ton deuxième album « Transgenèse » vient de paraître, le 22 février 2019. Que raconte-t-il ?

Il est axé autour de l’idée de métamorphose, de mutation. La transgenèse en est une forme plus spécifique. Mahaut chante sur une grande partie de l’album, mais ça s’est décidé en aval de l’écriture. Elle a modifié fondamentalement la couleur de l’album. Si on compare la définition d’une transgenèse, finalement la métaphore est parfaite pour décrire le processus de création de ce disque.

Extrait de l’album « Transgenèse »

On ressent une sorte d’intimité, de sensibilité et d’hybridité à l’écoute de ton album. Comment t’es-tu approprié certains événements de l’actualité ? Quel est ton regard sur la société ?

Je préparais des concours d’écoles de journalisme, et essayais d’être le plus à la page possible sur l’actualité. Aujourd’hui, j’en suis détaché, peut-être parce que je trouve que l’information (politique) tourne en rond et que l’on est mené par le bout du nez. Finalement, on perd beaucoup de temps à suivre les hésitations et revirements d’une poignée d’individus, qui eux, se foutent pas mal de nos doutes à nous. Hors, nos vies nous appartiennent, elles sont courtes, et je pense qu’il ne faut pas trop attendre d’autrui, ni de la générosité de l’état pour être heureux.

Comment l’as-tu composé ?

Je l’ai composé sur les mêmes méthodes que le premier album : avec un mot, une phrase scotchée au mur, et des prises de notes dans mes carnets jusqu’à ce qu’une idée éclose. D’autres chansons sont plus accidentelles, mais au moins il n’y a pas eu de page blanche.

Quels sont tes prochains concerts/projets pour l’avenir ?

Les concerts reprennent tout doucement. Je reconnais les annoncer un peu timidement. Surtout sur Facebook. En parallèle, je continue à faire des scènes ouvertes, jusqu’à quatre soirs par semaine. J’ai moins de temps pour écrire, mais il faut avancer sur tous les plans je crois et pas uniquement l’écriture. Et puis l’album suivant est déjà tout écrit (celui-ci sort avec un retard de deux ans). J’essaye d’optimiser ce que j’ai entre les mains. Mais il faut prendre son temps, c’est important. Prendre son temps, c’est en gagner finalement…

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