Musique

Focus sur la playlist : l’interview d’EX-ILE

Artistes en floraison Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En octobre, le jeune duo EX-ILE (Léo et Tarik) de Noisy-le-Sec (93) avec le titre « J’attends la chance » est mis à l’honneur.


Vous êtes deux jeunes artistes de 22 ans (Léo) et 23 ans (Tarik). Poursuivez-vous des études supérieures ou bien vous consacrez-vous entièrement à la musique ?

Tarik : Pour ma part, je viens de finir mes études il y a peu de temps. J’étais à l’école d’urbanisme de Paris, qui appartient à l’université de Marne-la-Vallée.

Léo : J’ai fait des études en communication, mais ça ne m’a pas plu. Pour l’instant, je ne poursuis pas un cursus universitaire. Mais je n’exclus pas l’idée de reprendre les études ! On aimerait se laisser un an pour nous consacrer à nos projets musicaux. On verra où cela nous mènera.

On vous connaissait l’an dernier sous le nom de « Hermès Baby ». Pourquoi avoir changé le nom de votre groupe par EX-ILE ? Comment ce projet est-il né ?

Tarik : On a eu un différend avec la marque, qui nous a envoyé un courrier nous demandant de changer le nom du groupe. « EX-ILE » est synonyme d’échappatoire. C’est par la musique et par les textes que l’on peut s’échapper de notre quotidien. On sort de notre banlieue, de notre isolement. Et puis l’an dernier on a véritablement enrichi notre projet, nos musiques. Alors changer de nom permettait aussi une renaissance du groupe.

Léo : Cela fait sept ans que l’on joue de la musique ensemble, mais depuis deux ans on a monté plus concrètement le duo pour écrire les textes, composer des musiques et réaliser des clips. Notre projet s’étend sur cette longue période : de l’apprentissage de la musique il y a sept ans jusqu’à maintenant où l’on est plus dans la recherche musicale et dans la composition.

Quels sont les artistes qui ont influencé votre musique ? Comment pourriez-vous définir votre style musical ?

Léo : Je pense que le groupe qui nous a mis une claque et qui nous a appris à composer, à penser la musique, c’est Phoenix, un groupe électro/rock français. On a regardé des quantités de documentaires sur Arte à propos de la composition de leur album. Ça nous a totalement inspiré. Et puis nos amis écoutent plein de choses différentes, alors on absorbe tout ce que l’on peut !

Tarik : Dernièrement, parmi les artistes qui nous ont inspiré il y a Frank Ocean, un compositeur-interprète américain qui mixe des mélodies très différentes, ainsi que Tyler The Creator, un artiste américain hip-hop. On aime être à la synthèse d’une culture musicale qui brasse rap, pop, électro… On a des influences, mais on ne se revendique pas d’un seul style musical en particulier.

Votre premier EP « Direction Est » est sorti le 20 octobre. Comment s’est déroulée cette toute première expérience et de quoi parle votre EP ?

Tarik : C’est une expérience qui s’étale sur deux ans. On a d’abord enregistré des morceaux chez nous, au fur et à mesure de nos compositions.

Léo : Et puis, on a rencontré la maison de production GUM à qui on a proposé notre EP. On est ensuite passé en studio avec Bastien Dorémus, notre producteur musical (l’un des musiciens de Christine And The Queens).

Tarik : Bastien nous a aidé à voir plus loin, à apporter de la fraîcheur dans ce que nous avions déjà enregistré. On a revu les arrangements et retravaillé avec du matériel plus élaboré.

Léo : On a eu la chance de travailler avec des musiciens géniaux tout en gardant notre propre originalité musicale.

Tarik : En ce qui concerne la signification de l’EP, dans nos textes on raconte ce que l’on vit, on reste proche de notre quotidien. Finalement, on interroge notre identité. On vient de banlieue, mais on est constamment attiré par Paris…

Léo : On considère l’EP comme une boucle : les textes évoquent un gars qui rentre dans sa banlieue à l’aube d’une soirée parisienne. La journée, il a des hauts et des bas, des espoirs et des désillusions. Et puis sa routine recommence.

Tarik : Les titres forment aussi une boucle. On commence par le titre « Direction Est » et se termine par « A l’Est rien de nouveau ». On revient toujours sur notre point de départ.

photo 2
Ep « Direction Est » – octobre 2017 – © Juan Clemente

Le titre « J’attends la chance » fait partie des entrées en playlist ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle pourrait être sa signification ?

Léo : C’est un morceau très important pour nous. Il est venu à nous presque par hasard. J’ai commencé par enregistrer un son au clavier, juste pour tester. J’ai posé ma voix sur le morceau sans vraiment réfléchir. Et Tarik a écrit un texte de dingue (j’ai été surpris !).

Tarik : Cette expérience nous a marqué : c’était la première fois que l’on composait une musique qui nous ressemblait réellement. Des textes simples, une musique simple. Quand on l’a présenté à la première démo, on appréhendait, on allait livrer une part de nous-même…

Le titre et les paroles rappellent notre situation à l’époque. J’attends la chance, mais en même temps je peux et je vais la provoquer car personne ne va me la donner. C’est ce qui caractérise la jeunesse banlieusarde.

Le clip, en noir et blanc, suit votre escapade à moto à travers Noisy-le-Sec. Quel lien entretient-il avec le titre « J’attends la chance » ?

Léo : Le clip a été réalisé avant la musique. Et finalement, la musique concordait entièrement avec les images. Ça a été un hasard évident.

Tarik : On a filmé un ami à moto. A l’origine, quand j’écrivais le morceau, je pensais déjà à lui. On souhaitait évoquer une échappée, une fuite. On peut dire que l’on a pris le contre-pied de ce que l’on pourrait comprendre par « J’attends la chance ». On n’attend pas, on prend en main nos aspirations, nos désirs.

Le clip a été entièrement réalisé avec un iPhone. Pourquoi avoir choisi cet outil pour le tournage ?

Léo : En fait, on avait l’idée de réaliser un clip avec du vrai matériel. On a commencé par faire des repérages avec l’iPhone. Et puis on s’est rendu compte que les prises de vues fonctionnaient parfaitement et adhéraient à notre identité.

Tarik : Aussi, la réalisation du clip se prêtait bien aux paroles du morceau. Pourquoi attendre alors que l’on peut le faire nous-même ? Cette spontanéité nous caractérise.

Avez-vous déjà des concerts prévus ?

Tarik : Non, mais nous sommes en pleine préparation du live. On répète au studio Pigalle et au studio Bleu à Paris. On retravaille avec Bastien qui nous aide beaucoup.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Léo : Le live sera la prochaine étape. Et puis on avance notre prochain EP qui devrait sortir avant l’été.

Tarik : On travaille aussi l’écriture des prochains clips. Et on réfléchit à l’idée d’un éventuel album… Pourquoi pas.

Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Publicités
Musique

Focus sur la playlist – l’interview d’Alligator

Artistes en floraison Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En septembre, le duo Alligator (Camille et Alexis) avec le titre « Rafale » est mis à l’honneur.


Quel est votre parcours personnel à tous les deux et comment le projet Alligator est-il né ?

Alexis : On s’est rencontré quand je suis arrivé à Paris il y a trois ou quatre ans. On avait monté un groupe de musique rock à plusieurs, Camille était la chanteuse. Mais ça ne s’est pas super bien passé dans le groupe. On n’arrivait pas vraiment à composer de morceaux.

Camille : Chacun venait avec son style musical mais on ne s’entendait pas. Et puis on s’est retrouvé à deux et on s’y est mis à fond. On répétait dans une salle, c’était bien plus productif.

Alexis : A la suite de quelques répétitions, Alligator est né en août 2016. Ensuite, on a mis nos musiques en ligne sur SoundCloud.

D’où vient le nom du groupe « Alligator » ?

Camille : On avait un peu de mal à trouver, alors j’ai traîné pendant des jours et des jours sur des sites d’anagrammes. J’ai essayé mon prénom, celui d’Alexis, nos noms de famille. Finalement, avec nos deux noms de famille cela faisait « alligator » et « octets ». On a décidé de garder « Alligator » pour le nom de groupe et « Octets » pour le nom de l’album.

Quelles sont vos influences musicales qui forgent la particularité de votre groupe ?

Camille : Je pense qu’il y a une différence entre ce que l’on joue et ce que l’on écoute. Cependant, les années 80 sont une référence musicale évidente. Personnellement, je suis une grande fan de Daho !

Alexis : On essaie de modeler notre propre style musical. Pour ma part, j’ai des influences musicales plutôt anglo-saxonnes. Comme nous avons convenu d’écrire nos paroles en français, Alligator est une expérience musicale toute nouvelle pour moi.

Parvenez-vous à vivre de votre musique ou avez-vous un travail à côté ?

Camille : Non, pas du tout ! Moi je suis architecte, et Alexis est médecin. Nous n’avons pas l’intention d’abandonner notre métier. J’aime ce que je fais. Cependant, on aimerait consacrer plus de temps à notre groupe.

Comment se sont déroulés la composition et l’enregistrement de votre album « Octets » sorti en décembre 2016 ?

Alexis : On n’a pas été produit, c’est un album entièrement fait maison et enregistré dans un appartement du 19ème arrondissement de Paris !

Camille : Après la sortie de « Octets », on nous a conseillé des logiciels pour remastériser quelques morceaux. Quand on a mis en ligne nos musiques sur SoundCloud il y a un an, on savait qu’elles n’étaient pas parfaites. Mais pour l’instant nous ne souhaitons pas les réenregistrer. Le premier jet nous plaît, c’est le fruit de notre travail !

Alexis : Notre album est disponible sur la Souterraine et on aura bientôt un CD au mois de septembre.

a1807662819_10

Vous avez joué aux Trois Baudets le 19 septembre. Cette salle possède une riche histoire musicale (Brassens, Brel, Gainsbourg et bien d’autres y ont joué). La salle est également gérée par le Jardin Imparfait, la société qui héberge Radio Néo. Qu’est-ce que la salle des Trois Baudets représente pour vous ?

Camille : Je n’y étais jamais venue. J’ai été ravie et un peu stressée de jouer dans cette salle historique.

Alexis : Je suis venu une fois pour assister au concert de Jaune, le batteur de Frànçois and The Atlas Mountain. La salle est intimiste et se prête bien à notre groupe. On s’y sent bien.

Camille : C’était vraiment super de jouer aux Trois Baudets. La taille de la salle, la pénombre et le fait que les spectateurs soient assis nous ont complètement mis dans une atmosphère intimiste, limite théâtrale et nous avons joué comme à la maison, en oubliant presque le public. C’était une très belle expérience et nous espérons avoir la chance d’y rejouer un jour.

Vous avez joué à l’Aéroport d’Orly fin août. Comment avez-vous été contactés et comment le concert s’est-il déroulé dans ce lieu atypique ?

Camille : C’était à l’occasion du concours Gate Up avec les Inrocks et l’Aéroport d’Orly. Alexis nous a inscrit (le jour de la fermeture des inscriptions…). On a été sélectionné et 15 groupes ont joué. Habituellement, les gens arrivent très tôt à l’aéroport, alors ils prennent le temps de s’arrêter. De plus, on jouait pendant des sessions de 20 minutes suivies de 20 minutes de pause. Le format du concert était idéal pour ce lieu.

Avez-vous d’autres concerts de prévus et des projets pour la suite ?

Camille : Le 14 octobre on retourne à l’Aéroport d’Orly pour un concert car nous sommes dans le top 5 du concours.

Alexis : Le 25 octobre on va jouer au Motel x Bar à Bastille.

Camille : On a aussi réalisé une nouvelle chanson qui sortira bientôt. On en a d’autres en préparation. Et puis on finalise un clip que l’on a tourné cet été.

Le titre « Rafale » fait partie des nouvelles entrées en playlist de ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle est sa signification ? Quel lien le clip entretient-il avec la chanson ?

Camille : On a écrit les paroles tous les deux en essayant de mixer plusieurs choses. Il y a plusieurs interprétations possibles, même si je dois avouer que les paroles, à un moment, rejoignaient un peu la cause animale. J’ai réalisé le clip (des tableaux en 3D) sur SketchUp, un logiciel de création d’images 3D. Ce n’est pas une idée que j’ai eu avec la chanson mais l’art est sujet à tout type d’interprétation et la mise en 3D en suggère une parmi une infinité. Le clip collait bien au rythme de « Rafale ». On ne voyait pas d’autres clips possibles pour ce titre.

Laura Barbaray

P1000894
Alligator – Les Trois Baudets le 19/09/2017 – © Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Musique

Bebly, le trio électrique qui exhale l’humanité et la sincérité – Entrevue avec Benjamin Blin

Sur la photo : Benjamin Blin, chanteur et guitariste du groupe Bebly – © Laura Barbaray

« Rencontrer des gens, prendre du plaisir, jouer de la musique ». Ces mots pourraient être le leitmotiv de Benjamin Blin, le chanteur et le guitariste du trio Bebly.

Autour d’un café, à l’occasion de la sortie du nouvel EP du groupe en novembre prochain, intitulé Déconne, j’ai rencontré Benjamin, qui m’a fait part de son projet, de son univers musical et de ce que Bebly signifie pour lui.

Quand les mots s’accrochent à nous

Bebly, une petite bande de trois amis originaires de Maurepas dans les Yvelines, s’est formé en 2008. « A l’époque, j’avais un autre groupe, qui s’appelait ‘Histoire de…’. Et puis, j’ai voulu monter un projet solo. J’ai rencontré Guillaume (basse) et Fabien (batterie) avec qui j’ai fondé ce groupe. On avance à notre rythme », m’explique Benjamin. Depuis 2009, Bebly a déjà enregistré trois LP (L’autre, il s’égare ; Le Bonhomme ; L’intervalle) et deux EP (La Passerelle ; Déconne). Ils ont également fait la première partie du concert du groupe Eiffel en 2013 (artistes très chers à mon cœur…).

Une guitare à la sonorité électrique, un tempo énergique, une voix aux effets éraillés d’un mégaphone… Les années 1990 vibrent et résonnent comme un écho dans les différents titres de Bebly. On entend au loin Miossec ou encore Louise Attaque. « Tous ces artistes ont décomplexé ma façon d’écrire. Ils m’ont donné l’impression que n’importe qui pouvait composer un texte ».

Alors, Benjamin se tourne vers l’écriture réaliste, simple, spontanée, parfois mélancolique. Avec une grande pudeur, le chanteur et guitariste souhaite retranscrire des émotions à des périodes de sa vie. « C’est un espace libre dans ma vie, je ne me mets pas de contraintes. J’ouvre des tiroirs. Une simple rime enclenche le processus d’écriture. Je m’approprie les textes, mais d’autres peuvent s’identifier. Je voudrais en quelque sorte retranscrire des sentiments qui rattrapent une pensée collective », me dit-il avec enthousiasme. Dénués d’artifices, les mots sont là, naturels, sincères, et ils nous touchent.

19894595_10159160768335454_5273304000024971948_n
Fabien, Benjamin et Guillaume – © Davina Muller

Un trio d’artistes enthousiastes

Benjamin et Guillaume sont autodidactes, Fabien est batteur diplômé. « On a tous des boulots à côté », me confie Benjamin. « On fait tout tout seul, de la compo à la production. On n’a pas d’agent, on envoie des disques, on envoie des mails, on passe des coups de téléphone. C’est du home-made total, mais j’adore ça ! ».

Bebly, c’est un groupe qui aime avant tout se faire plaisir. Après une semaine de travail, le trio se retrouve pour répéter. « Tous les morceaux partent d’une guitare sèche avec une voix. Généralement, on a des idées à moitié définies. On travaille le chant, le rythme, le tempo. On répète qu’une seule fois par semaine, alors les titres s’élaborent rapidement dans un temps relativement court, mais je trouve qu’on est plutôt efficace ». Et c’est une bouffée d’air frais pour les trois amis.

L’aventure Bebly est incroyablement humaine. Le home-made à la Bebly, pour reprendre les termes de Benjamin, c’est aussi faire des rencontres, discuter des projets des uns et des autres, découvrir des lieux, grâce à la musique. « C’est tout ce que je recherche », m’avoue le chanteur. « Bebly, c’est mon projet principal. Pour Guillaume et Fabien c’est un peu leur projet satellite, mais ils prennent du plaisir, alors pour moi c’est gagné ! ».

196243_10152485910360454_1284264282_n
Ouverture d’Eiffel, 2013 – la Clef, Saint Germain en Laye – © Julien Prevel

Déconne, un EP qui leur ressemble

En novembre prochain sortira le nouvel EP de Bebly, dont on peut déjà découvrir le premier extrait éponyme sur YouTube ou Deezer. Déconne a été enregistré de façon spontanée et imprévue. Le groupe n’avait pas envisager un enregistrement pour cette année. Quand Benjamin reprend contact avec l’ingénieur du son de Damien Saez, Sylvain Carpentier, « rien n’était réellement prêt », m’explique-t-il. Coup de théâtre. Sylvain leur propose d’aller enregistrer au Black Box, un studio mythique à Angers. « C’est un studio qui me fait toujours rêver depuis que je suis gosse. C’est là où ont été enregistrés The Kills, Deportivo ou encore The Last Shadow Puppets », s’exclame le chanteur. « Trois jours au Black Box : une expérience de fou ! On s’est fait prendre au dépourvu, alors on a bossé très vite. Ca restera un super souvenir pour nous ». Encore du home-made à la Bebly !

A l’écoute de l’EP, on retrouve l’énergie électrique du trio sur le titre « Dévalise » par exemple et le timbre mélancolique des paroles, toujours simples et naturelles, avec le morceau « Un Fantôme ». On déconnecte, on lâche prise, on se laisse porter par l’univers de Bebly. Benjamin, Guillaume et Fabien nous font percevoir ces petits riens de la vie, ces instants du quotidien qui nous échappent, par le seul pouvoir de la musique.

18301525_10158807406385454_6486658208451073746_n
Enregistrement au Studio Black Box – © Davina Muller

Bebly a quelques projets en tête. Le 10 novembre 2017, le groupe jouera au Scarabée à La Verrière (Yvelines) avec Archimède à l’occasion d’un festival au profit des victimes du terrorisme. De plus, le trio envisage de réaliser un clip en collaboration avec un autre groupe, mais les informations sont tenues secrètes pour le moment. Un joli programme pour nos trois artistes !

Retrouvez Bebly sur YouTube, Facebook, Twitter et Instagram.

Laura Barbaray.

Musique

L’éclat symphonique ou le retour d’alt-J

Un verre de vin rouge à la main, Spotify branché sur alt-J, un début de soirée plutôt paisible… Relaxer.

Tel est le titre du nouvel album du trio britannique, sorti le 2 juin 2017. Trois ans après leur deuxième album This Is All Yours en 2014, alt-J revient avec un univers d’autant plus envoûtant et rêveur.

A l’écoute de Relaxer, c’est un langage musical bien particulier que j’apprécie. Pendant quarante minutes, les artistes manient leur art pour me faire entrer dans un monde onirique et mystérieux. Alt-J joue sur des variations instrumentales, mêlant alors un côté pop, blues, jazz, électro et acoustique. Dès le premier titre « 3WW », la guitare, à la résonance orientale, épouse un rythme à la fois intense et apaisant. Le clip, digne d’un court-métrage tisse « une histoire d’amour – et de perte – au fin fond des montagnes mexicaines », selon Gus Unger-Hamilton (clavier/voix).

alt-j-relaxer-album-artwork
Relaxer, alt-J – 2017

Tout au long de l’album, le doux et délicat timbre de Joe Newman (guitare/voix) parcourt mon corps de frissons, me plonge dans un état de béatitude. Je ne pense à rien. Sauf à l’histoire de cette « Adeline » qui nage, nage sans s’arrêter. Et le voyage continue. « Pleader », par la tonalité lyrique des paroles et des chœurs, clôture les huit morceaux de l’album d’une symphonie éclatante.

Il n’est pas sans rappeler la reprise du titre mythique « House of the Rising Sun » du groupe The Animals. Vingt guitaristes classiques ont joué simultanément pendant deux heures pour obtenir un tempo très lent aux teintes symphoniques. La version ankylosée de alt-J trouve parfaitement sa place au sein de leur album Relaxer : le temps semble suspendu, on lâche prise.

Alt-J consacre là encore une belle expérimentation musicale avec Relaxer.

Laura Barbaray

Social networks :

Musique

Rentrée musicale

A découvrir dans cet article musical, un jeune groupe au nom tout à fait curieux : « Feu! Chatterton ». Révélation.

Costumes distingués, moustache bien taillée, ces cinq garçons parisiens nous surprennent avec leur look dandy. Les Feu! Chatterton osent le subtile et doux mélange entre jazz/rock et poésie classique.

Attachés à une certaine tradition, les artistes bouleversent l’univers de la musique sur des paroles lyriques et surréalistes. Un souffle de Baudelaire, Bashung ou encore Ferré agite les textes des garçons.

Feu! Chatterton a dévoilé son talent lors de la première partie de Fauve en mai dernier au Bataclan. En juillet, au moment du festival des Francofolies de la Rochelle, le groupe s’est produit sur la scène de la Coursive – concert auquel j’ai pu assister avec grand plaisir. Remarquable.

Le tout premier EP éponyme de Feu! Chatterton est disponible depuis le 8 septembre. Une rentrée qui s’annonce des plus agréables.

Pour compléter, j’ai réussi à obtenir une interview téléphonique avec Arthur, le chanteur, le jour de la sortie de leur EP. Un jeune homme naturel, ouvert, passionné d’art et de littérature. Voici le compte rendu :

Dans quelles circonstances avez-vous débuté votre carrière ? La musique était-elle au départ votre « projet professionnel » ou bien est-ce que tout cela est arrivé par hasard ?

Tout cela est arrivé un peu par hasard. Il m’a suffit d’avoir une passion d’écrire. Je ne joue pas d’un instrument de musique. J’écrivais des petits poèmes comme ça au lycée, j’ai rencontré Sébastien et Clément qui sont devenus mes amis et qui sont aujourd’hui les guitariste et clavier du groupe. Tout cela s’est fait d’abord comme une activité extra-scolaire, un plaisir, et puis c’est devenu sérieux.

Par quel(s) moyen(s) avez-vous réussi à acquérir une certaine importance/popularité ?

Je ne sais pas… C’est encore une fois une histoire de hasard ! Peut-être en faisant pas mal de concerts… Sur la scène à Paris… On a cherché à jouer dans tous les petits café-concerts pendant presque un an. Je pense que c’est comme cela que l’on s’est fait un petit peu connaître.

Avez-vous eu des relations afin d’accéder à la scène ?

Non, aucune relation particulière. Ensuite nous avons rencontré un entourage professionnel qui est le nôtre aujourd’hui, mais ce sont des gens qu’on ne connaissait pas avant et qui nous ont découverts sur scène.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de votre premier EP ? Etes-vous satisfaits ?

Oui, on est très satisfaits, surtout parce qu’on a eu assez peu de temps pour le faire. Comme tout enregistrement, ça coûte un peu d’argent, de plus on l’auto-produit donc on n’avait pas non plus un magot énorme. On a eu non seulement la contrainte de la nouveauté (quand on arrive en studio pour la première fois, c’est un peu impressionnant !). On sacralise l’événement, on se dit que ce que l’on va enregistrer sera là, pour nous, une preuve définitive. Mais aussi la contrainte de savoir que l’on n’avait pas un temps infini pour le faire.

Nous avons aussi travaillé avec quelqu’un, Samy Osta, le réalisateur de notre EP. Il a également réalisé l’album du groupe « La Femme ». On aimait beaucoup la façon dont il enregistrait les instruments, on savait qu’on allait être entre de bonnes mains et la relation était super.

On continue à travailler avec lui : nous venons d’enregistrer un deuxième EP qui sortira un peu plus tard.

D’où vient votre nom de groupe ?

Il vient d’un tableau qui s’appelle La Mort de Chatterton de Henry Wallis, que nous avons vu il y a quelques années lors d’une exposition au Grand Palais sur la Mélancolie. On y voit le poète Chatterton, mort étendu sur un lit. Le tableau nous a saisi par sa beauté, ses couleurs. Le jeune homme est très androgyne. On a découvert qui était Chatterton. Non seulement le tableau nous plaisait, donc on avait envie de donner à notre groupe un nom en rapport avec ce tableau, mais en plus le personnage de Chatterton nous a plu. Il s’agit d’un jeune poète qui monte à la ville de Londres alors qu’il vient de la province, à 15 ans. Il va finalement mourir de désespoir car il n’arrivera pas à faire carrière à Londres dans la littérature.

J’ai plusieurs fois essayé de trouver le tableau sur internet, mais j’ai toujours été déçu, le souvenir l’a rendu plus beau…

Avez-vous déjà ou aimeriez-vous travailler avec un artiste en particulier ? Si oui, pourquoi ?

Ah, je n’ai pas d’idée en particulier, je n’ai jamais réfléchi !… Je ne sais pas… Si, comme ça dans nos rêves les plus fous, David Bowie !

C’est vrai que quand on devient musicien, on ne sait jamais si cela va devenir un métier. On ne se permet pas trop d’imaginer travailler avec des grands artistes que l’on admire… Mais c’est assez fou d’imaginer travailler avec David Bowie !

Peut-être avec Fauve ?

Si j’ai l’occasion, je préférerai travailler avec des artistes d’une autre génération qui ont plus d’expérience. Mais c’est vrai qu’avec Fauve, c’est une relation intéressante parce qu’ils nous ont invité une semaine entière au Bataclan, c’est une chance incroyable. Ils nous épaulent et nous savons qu’ils apprécient ce que nous faisons. On peut trouver une filiation entre ce qu’ils produisent et nous. On est de la même génération, on écrit en français, on peut donc trouver ces liens-là, cela pourrait être intéressant.

Avez-vous des projets plus ou moins concrets en vue pour plus tard ?

Oui, nous venons d’enregistrer notre deuxième disque, qui sortira en janvier 2015 idéalement. Ce sont quatre titres qui se suivent, cela fait une sorte de grande chanson de quatorze minutes. Là, nous cherchons un réalisateur pour pouvoir faire un court-métrage dessus.

Après, on aimerait bien d’ici un an enregistrer un premier album ou travailler dessus. Mais difficile de voir plus loin qu’un an dans la musique, c’est tellement fragile, inattendu…

D’où vient votre style dandy ?

Je ne sais pas… Peut-être du fait d’avoir admiré plus jeune les personnages comme Gainsbourg, d’avoir lu des artistes du XIXème siècle comme Oscar Wilde, Baudelaire… Et j’aime l’allure des costumes. D’ailleurs les costumes complets trois pièces ne sont pas forcément des costumes dandys. On voit ça aussi dans le cinéma italien des années 60, dans les films sur la prohibition aux Etas-Unis. Avant le prêt-à-porter, tout le monde plus ou moins, portait le costume, c’était l’habit de tous les jours. Mais c’est vrai que l’on peut revendiquer une inspiration ou une influence dandy plus pour la littérature.

Laura Barbaray

Musique

≠ FAUVE ≠

On l’attendait. Depuis le 3 février 2014, le premier album de Fauve intitulé “Vieux Frères – Partie 1” se trouve enfin dans les bacs. Ca y est.
C’est quoi Fauve ? Ce sont cinq gars, originaires de Paris, employant les mots, la chanson, la musique afin d’extérioriser leur rage contre les sales coups de la vie. Ce collectif fondé en 2010, qui touche essentiellement les jeunes, remplit de plus en plus les grandes salles.
Après le succès de leur Extended Play “Blizzard”, l’aventure de Fauve se concrétise avec la sortie de ce tout premier album. Des paroles exaltantes qui nous unissent, et c’est parti pour un petit moment de bonheur. Une jolie dose d’espoir que nous donne Fauve. Enjoy !
 Fauve en concert ! La tournée du groupe a déjà commencé. Il reste des places pour quelques dates sur Paris : le Bataclan accueillera Fauve du 4 au 8 mars 2014 ainsi que du 13 au 17 mai 2014.
Laura Barbaray
Musique

Nouveauté

Qui donc n’a jamais entendu parler d’Eminem ? Le plus grand rappeur américain revient avec son nouvel (et huitième) album The Marshall Mathers LP2.
N’étant pas une experte en ce qui concerne le rap, je peux vous assurer avoir reçu une grosse claque. Eminem met tout son dynamisme et sa vitalité dans ses musiques. A croire qu’il ne vieillit pas.
L’artiste mêle le côté rap à l’énergie rock. Des sons électros se trouvent accompagnés par une guitare électrique ainsi qu’une batterie. Un mixte éclatant et réussit qui donne la pêche.
Eminem propose dans cet album 21 chansons, chacune d’une durée relativement longue. Gros gros boulot. Quelques artistes se joignent à lui en duo comme Rihanna sur le titre “The Monster”.
A écouter. Bravo, l’artiste !
Laura Barbaray