Stage chez Radio Néo

Rapports de stage

Du 8 au 19 janvier 2018, j’ai effectué un stage chez Radio Néo.

LA PETITE HISTOIRE DE RADIO NEO

Dans les années 2000-2001, trois acteurs du monde de la musique s’engagent dans un projet fou. Eric Baptiste (ancien directeur général de RFI, ancien directeur de la Confédération Internationale des Sociétés et d’Auteurs et Compositeurs [Sicac] et actuel président de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique [Socan]), Enrico Della Rosa (ancien délégué général des Victoires de la Musique) et Stéphan Paris (ancien directeur marketing des Victoires de la Musique et ancien directeur général de News Tank Culture) sont à l’origine de Radio Néo, dédiée à la découverte musicale francophone.

Pour comprendre les origines de Radio Néo, il faut s’intéresser à l’histoire de la radio Ici et Maintenant. Rendre la radio et la parole au peuple, tel était le concept d’Ici et Maintenant à l’époque. Les auditeurs téléphonaient et débattaient à l’antenne sur des questions de sociétés. Les sujets étaient libres. Cependant, cette liberté totale a permis la diffusion de messages racistes. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sanctionné la radio. Les programmateurs de la radio se sont engagé dans une lutte acharnée. Des semaines à camper devant le CSA et à diffuser les programmes dans la rue, pour finalement gagner une demi-fréquence de la 95.2 FM (Paris).

Un appel à candidature a été lancé pour acquérir l’autre demi-fréquence. C’est ainsi que Radio Néo est née, sous l’impulsion d’Eric Baptiste, d’Enrico Della Rosa et de Stéphan Paris. Elle diffuse de 7h à 14h et de 19h à 23h à Paris. En 2008, Radio Néo s’ancre en province, avec l’ouverture des fréquences à Toulouse, Bourges et Marseille qui diffusent des artistes locaux.

RADIO NEO, C’EST QUOI ?

Radio Néo est une radio associative, gérée par l’association « Les Antennes de la relève » dont le but est de promouvoir la scène musicale française et les artistes émergents. Attentive aux innovations culturelles, Radio Néo intègre dans son programme des sujets autour du théâtre contemporain, du cinéma, des arts plastiques ou encore des thèmes de sociétés.

Entre 2005 et 2010, Radio Néo organise des concerts environ deux fois par semaine dans des salles parisiennes comme les Trois Baudets ou la Maroquinerie. Shaka Ponk, Mademoiselle K ou encore Tryo faisaient partie des invités.

En 2015, Radio Néo se renouvelle. L’entrepreneur Olivier Poubelle devient président de l’association. Radio Néo est désormais hébergée par sa société Le Jardin Imparfait qui regroupe l’ensemble de ses activités (la gestion de salles de spectacles parisiennes comme La Maroquinerie, le Bataclan ou encore le Théâtre des Bouffes du Nord), la production de spectacles (Astérios, Yuma Productions…). A la rentrée 2017, Radio Néo change sa grille de programmes, avec une quotidienne comme émission principale, « CHAOS », du lundi au jeudi de 19h à 20h. Olivier Poubelle a également acté pour une refondation du site web et les jingles ont été réalisés par le groupe Fauve. En 2016, l’audience de Radio Néo à Paris a atteint 30 000 auditeurs par jour.

La radio doit respecter certaines conditions pour entrer dans la catégorie de « radio associative ». Le président ne détient pas le capital et la radio ne doit pas faire de bénéfices. Radio Néo possède 200 000 euros de budget par an. Elle reçoit également des subventions de la part de La Société Française d’Equipement Rationnel (SFER) à hauteur de 40 000 euros par an, de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (Sacem, 30 000 euros), de la région Ile-de-France (15 0000 euros) et de l’agence d’exportation de la musique belge WBM (Wallonie-Bruxelles Musique, 5000 euros).

DEROULEMENT DU STAGE

Radio Néo comporte un directeur de développement (Thierry) qui s’occupe de la production et du montage des émissions, un responsable des antennes (Sébastien) qui coordonne les émissions à l’antenne et réalise les mises à jour du site, et un journaliste (Thomas) qui prépare les émissions avec les artistes. Trois jeunes diplômés en service civique travaillent également pour Radio Néo. Marie est la chargée de communication, Juliette réalise des chroniques et monte des contenus audio, et Hugo (qui travaille principalement pour la radio rap OKLM) intervient une fois par mois en tant que chroniqueur pour mettre en avant des jeunes rappeurs.

  • Veille médiatique et documentation

Thomas, le journaliste, doit se tenir informer des sorties d’albums, de la programmation des théâtres contemporains et éventuellement des expositions parisiennes pour inviter des artistes musicaux, des comédiens ou des acteurs du monde la culture. C’est ce qu’on appelle faire de la veille médiatique. Pour cela, je me suis rendue sur les sites web des théâtres de Paris (par exemple la Ménagerie de verre, le Théâtre de la colline ou encore le Théâtre du Rond Point) et sur les sites spécialisés dans la musique (Les Inrockuptibles, The Drone, Bonzaï ou encore Tsugi).

De plus, j’ai aidé à préparer l’émission quotidienne CHAOS qui recevait l’artiste de pop urbaine Chaton le 18 janvier. J’ai réalisé un travail de documentation sur l’artiste. Dans un même fichier, il faut regrouper la biographie de l’artiste, la date de sortie de son dernier album, les derniers articles et interviews ainsi que des anecdotes qui pourront donner des idées d’angles et de la matière à l’interview.

  • Observation d’émissions de radio

Lors de mon stage, j’ai pu assister à deux émissions de radio enregistrées. La première était l’émission « La sauce » de la radio OKLM dédiée à la culture urbaine. Emmanuel Ricci, un directeur artistique belge et créateur de vêtements, était l’invité. Son travail consiste à recruter des rappeurs et d’en faire des « superstars » selon son expression. L’émission était filmée et animée par des chroniqueurs.

La seconde était l’émission CHAOS de Radio Néo qui invitait The Limiñanas, un duo français de rock garage, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Shadow People ».

Lors des enregistrements, un producteur coordonne l’émission : il gère les micros, lance les jingles, les musiques, et les « tapis » que l’on nomme aussi les « beds », c’est-à-dire la légère musique qui accompagne les voix en fond. Le journaliste n’oublie jamais qu’il s’adresse aux auditeurs : il remet toujours les faits dans leur contexte et présente brièvement les artistes qui peuvent ne pas être connus du public.

  • Enregistrement des agendas culturels

Pendant mon stage, j’ai rédigé les agendas culturels pour les semaines du 22 et 29 janvier. Ce sont des petites chroniques de deux minutes qui présentent trois idées de sorties par jour (expositions, concerts, spectacles…). Elles sont diffusées tous les matins. Dans un premier temps, je me suis entraînée à oraliser mes textes, qui n’est pas un exercice facile.

J’ai donc enregistré les agendas culturels dans le studio. J’ai appris à me servir de la console. Tout d’abord, il faut allumer le micro et augmenter le niveau sonore entre 7 et 8. Puis, on règle le volume du casque pour s’entendre. Enfin, il faut sauvegarder le fichier audio et le renommer, que l’on récupère dans le dossier commun « TRANSIT » pour effectuer le montage par la suite.

La partie montage demande du temps, de la concentration et des compétences techniques. J’ai appris à me servir du logiciel WaveLab. Pour monter les agendas culturels, il faut le générique de Radio Néo ainsi qu’un « bed ». Sur ce genre de chronique courte, on doit enlever les respirations trop longues et les claquements de langues, désagréables à l’écoute. Entre chaque idée de sortie, on augmente le volume du « bed » durant 4 à 5 secondes pour marquer la transition. Enfin, on doit ajouter le traitement de voix « FM radio » pour obtenir un son adapté à la radio.

  • Participation à l’émission CHAOS

Enfin, j’ai eu la chance de participer à l’émission CHAOS de Radio Néo. Sur le thème « Les artistes que vous n’avez pas entendu en 2017 », deux chroniqueurs revenaient sur les artistes (français ou internationaux) passés sous les radars des médias en 2017. J’ai réalisé une chronique de deux minutes sur Thylacine, un artiste de musique électro. Les phrases devaient être courtes et simples. Là, je me suis confrontée à une difficulté majeure : éviter de lire la chronique et adopter un ton fluide. Ainsi, j’ai présenté la projet de l’artiste ainsi que son actualité. J’ai également choisi un titre à diffuser, « Poly » de son album Transsiberian. Le podcast de l’émission est en ligne sur le site de Radio Néo.

QUELLES CONCLUSIONS TIRER DU STAGE ?

Ce stage s’est révélé véritablement constructif et m’a permis de découvrir le monde de la radio. En classe de seconde, j’ai réalisé un stage en presse écrite au sien de la rédaction du magazine Joggeur (Editions Larivière), et en 2016 un stage chez News Tank Culture, une rédaction web. Ainsi, le stage chez Radio Néo a complété mes expériences et a renforcé mes compétences techniques (utilisation d’une console et du logiciel de montage, rédaction dans le style « chronique »). J’ai notamment appris à poser ma voix lors des enregistrements des agendas culturels. J’ai pu observer et comprendre comment se déroulait une émission de radio, du travail de documentation en amont à la coordination des contenus audios. Chacun joue un rôle précis, mais le travail en équipe est primordial. Par exemple, lorsque la radio doit renouveler sa playlist (les nouveaux artistes que Radio Néo choisi de diffuser), tout le monde doit participer aux réunions et les décisions sont prises d’un accord commun.

Ce stage conforte ainsi mes orientations professionnelles : travailler au sein des médias dans le domaine de la culture et créer des contenus écrits et audiovisuels.

Publicités

Stage chez News Tank Culture

Rapports de stage

Du 6 au 24 juin 2016, j’ai effectué un stage au sein de la rédaction News Tank Culture.

NEWS TANK, C’EST QUOI ?
Fondée en 2012 par Marc Guiraud et Frédéric Commandeur, News Tank Network est une société indépendante, dont l’objectif est de produire des informations utiles, claires et neutres, destinées aux équipes de direction des organisations publiques ou privées.
News Tank a développé un réseau d’agences d’information stratégique dans les domaines de la culture, du sport, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces agences se nomment News Tank Culture, News Tank Football, News Tank Education et News Tank Digital.
Tout d’abord, News Tank diffusait seulement des dépêches, et peu à peu, l’agence a produit des entretiens et des dossiers. Aujourd’hui, près de 500 structures sont abonnées à News Tank Culture.

A PROPOS DE NEWS TANK CULTURE 
Le média News Tank Culture traite plusieurs catégories d’informations : la musique, les musées, les monuments, le patrimoine et les arts vivants. L’équipe se compose de 4 rédacteurs, chacun spécialisé dans un domaine, et d’un rédacteur en chef qui n’est cependant pas cantonné à un domaine précis. Les journalistes participent régulièrement à des festivals ou des rencontres en lien avec la musique, le théâtre ou les arts plastiques (le Midem, les Francofolies, le festival d’Avignon…), dans le cadre de rendez-vous professionnels. Ils rédigent ensuite leurs interviews et leurs articles.
Plusieurs types d’articles sont effectués par les membres de l’équipe de News Tank Culture : des nominations (par exemple, un nouveau directeur élu dans un musée), des lauréats (les gagnants d’un concours), des annonces d’expositions ou de festivals, etc…
Les journalistes doivent suivre une charte très stricte pour rédiger les articles : il faut toujours commencer par l’information principale et indiquer qui fait quoi, qui dit quoi et à propos de quoi (par exemple : « indique le conseil des ministres le 03/06/2016 »). Il faut être précis et très bref.

DEROULEMENT DU STAGE
Tous les lundis matin, l’équipe de News Tank Culture organise une réunion avec les chargés de communication dans les locaux principaux de News Tank Network, rue de la Bienfaisance à Paris (8ème arrondissement). Lors de cette réunion, chaque rédacteur débriefe sur ce qu’il a fait la semaine précédente (ses rencontres, ses interviews, ses conférences…). Les journalistes posent le planning de la semaine des rendez-vous et des conférences. Il est important de noter que les rédacteurs échangent sur ce qui peut être intéressant pour News Tank Culture. Par exemple, cette année le festival de l’histoire de l’art à Fontainebleau du 3 au 5 juin 2016, ne s’est pas très bien déroulé. En effet, suite aux inondations et aux grèves, plusieurs conférences ont été annulées, ce qui n’a pas été bénéfique pour la journaliste présente sur place. Ainsi, la réunion est aussi utile afin de faire des propositions pour l’année suivante : comment mieux appréhender ce genre de problèmes, etc…

Chaque matin, un journaliste effectue la revue de presse du jour : il s’agit de rechercher des informations qui seraient intéressantes pour News Tank Culture sur le site web Feedly (agrégateur de flux RSS et Atom en ligne) avec l’aide de mots clés pour faciliter la recherche. Par exemple, des informations concernant un festival, des lancements de nouvelles starts-up, des prix de lauréats… Puis, le rédacteur en chef répartit chaque information à traiter à chaque journaliste. En moyenne, un journaliste peut rédiger 3 à 15 articles par jour.

J’ai tout d’abord observé comment fonctionnait le seul outil de travail de News Tank : le logiciel Gecored, qui m’a semblé efficace et performant. Pour chaque article, il faut toujours mettre une photo, d’autres articles en lien, un contact, un site web et la fiche de l’objet étudié si elle est existante. En effet, j’ai pu rédiger des dizaines de fiches sur de nombreuses organisations ! Une fiche doit être claire et concise afin de regrouper seulement les informations principales. C’est un vrai travail de recherche. Elle se présente sous forme de liste qui rassemble par défaut : le type d’organisation, la date de création, les missions, le nom du directeur, le numéro de téléphone et le contact. Bien sûr, d’autres types d’informations sont tout à fait acceptables afin d’agrémenter le contenu. J’ai rédigé par exemple la fiche du Royal Albert Hall, de Soundcloud, de l’Opéra de Dallas, du SFMOMA… et bien d’autres encore.

J’ai également eu l’opportunité de rédiger des articles confiés par mon tuteur de stage. Les journalistes reçoivent régulièrement des communiqués de presse par mail. Ils peuvent rédiger un article dessus. Là, je me suis confrontée à une difficulté majeure : respecter très précisément la charte éditoriale. Comme je l’ai énoncé, il faut toujours commencer par l’information principale. Voici une première phrase type d’un article sur le lancement d’un partenariat vidéo par Playzer : « proposer une alternative aux producteurs de musique sur le format vidéo, tel est l’objectif du lancement d’un nouveau player dédié aux clips vidéo par la plateforme Playzer le 04/06/2016 ». Le titre doit également comporter cette information, mais ce n’est pas une phrase verbale. Ensuite, on entre un peu plus dans les détails, avec des phrases simples. Il faut également faire de nombreuses citations pour rester au plus près de l’information. Cependant, l’article doit faire environ 2 paragraphes seulement, plutôt courts. Un journaliste peut bien entendu agrémenter son article avec une interview ajoutée à la suite.

A la fin de mon stage, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence de presse organisée par le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique) à l’Hôtel Raphaël, avenue Kléber à Paris (16ème arrondissement). La conférence s’intitulait « la première vague du Baromètre MusicUsages » et portait sur les enjeux de la musique en streaming. J’ai pris des notes et j’ai ensuite rédigé un article, mais cette fois-ci sous forme de liste, car il y avait beaucoup de chiffres. Rappelons-le, l’information doit être utile et concise. Ainsi, lister des informations est très fréquent chez News Tank.

QUELLES CONCLUSIONS TIRER DU STAGE ?
Ce stage a véritablement été très positif. Cela m’a permis de découvrir le journalisme sur le web. En effet, en classe de 2nde, j’ai effectué un stage aux Editions Larivière (Clichy) à la rédaction du magazine Joggeur, qui est sur papier. J’ai observé comment se déroulait une rédaction d’un magazine papier : la mise en forme, la relecture, les différents services qui travaillent pour un seul magazine. Ainsi, le stage chez News Tank Culture complète mes observations et mes connaissances. Aujourd’hui, le journal papier se perd et se voit remplacé par le journalisme sur Internet. Il était donc primordial d’effectuer ce stage. J’ai pu comprendre les nouveaux enjeux du journalisme sur le web. J’ai donc acquis des compétences techniques grâce aux différentes manipulations sur le logiciel Gecored.
De plus, ce stage m’a permis de me confronter à un vrai travail d’équipe. Mon tuteur m’a confié des tâches qu’un rédacteur pouvait faire. Je me suis très vite intégrée au groupe et je n’étais pas mise à l’écart.
Ainsi, ce stage conforte mes orientations professionnelles : le travail de recherche, d’équipe et de rédaction dans le domaine de la culture me passionnent. Je garderai un excellent souvenir de ces 3 semaines véritablement enrichissantes !

CONSEILS AUX FUTURS STAGIAIRES
Je conseille aux futurs stagiaires de ne pas manquer l’occasion d’effectuer un stage. Plus particulièrement dans le domaine du journalisme, les stages marqués sur le CV sont très bien vus. Cela montre notre motivation et une certaine expérience acquise. De plus, il est important de se constituer dès maintenant un petit réseau de contacts, qui seront bénéfiques plus tard.