L’art du GIF, quand le graffiti s’anime sur nos écrans

Revues de presse, urban art paris

Impossible de passer à côté de cette nouvelle tendance artistique. Il suffit de scroller son fil d’actualité sur les réseaux sociaux pour être interpellé. Depuis quelques années, des œuvres de street-artistes du monde entier s’animent sur les écrans des smartphones… En boucle. Les collages de Levallet, les personnages enfantins de Dran, ou plus récemment la « Petite Fille au Ballon Rouge » de Bansky, ces œuvres, éphémères et fixes, changent notre regard sur le paysage urbain en prenant soudainement vie. Le format GIF (Graphics Interchange Format), kitsch et ringard à une époque, est largement adopté par ceux qui détournent les peintures murales, pour favoriser le partage sur les réseaux sociaux. Le GIF deviendrait-il un art à part entière ?

« Light » de Sr. X, animé par A.L Crego – © A.L Crego

Street-art 2.0

Des yeux qui s’ouvrent et qui se ferment, des personnages qui se déplacent, des lumières qui s’allument. Les artistes digitaux ou « motion designers » s’emparent des murs pour les rendre vivants et raconter une nouvelle histoire. Parmi eux, deux noms reviennent souvent sur nos écrans : l’Espagnol Adrián López Crego (A.L Crego) et le Serbe ABVH. Entre photographe et vidéo, le procédé qu’ils utilisent se nomme « cinemagraph » et permet d’animer seulement une partie des éléments d’une photo en boucle, avec finesse et subtilité. Inventé par le photographe Jamie Beck et Kevin Burg, motion designer,  le cinemagraph leur a permis d’animer leurs photos de mode lors de la Fashion Week début 2011. Le cinemegraph est alors devenu une pratique artistique pour A.L Crego et ABVH. « Quand j’ai conçu [les GIFs], je me suis dit que c’était comme animer ‘les murs de l’internet’. Je ne peux pas les faire bouger dans la rue, mais dans l’espace virtuel je peux leur donner un autre sens. » rapportait A.L Crego au journal l’Obs en 2014.

Levallet, par ABVH – © ABVH

Depuis peu, Google explore aussi ces nouvelles possibilités d’animation en ligne. En 2014, le géant américain s’associe à la galerie Saatchi de Londres pour proposer le concours Motion Photography Prize, donnant à voir les meilleures photographies en mouvement sous format GIF. Aussi, dans le cadre de son projet « Google Art & Culture », Google nous fait découvrir des œuvres urbaines animées, comme celles des artistes INSA et Cheko. L’ambition encyclopédique de Google ne se limite pas à répertorier tous les lieux de street-art du monde, mais propose aussi une nouvelle expérience aux internautes.

Explorer un champ des possibles

Il faut l’admettre, le format GIF s’adapte parfaitement aux logiques du web, et plus particulièrement des réseaux sociaux. Concis, efficace, esthétique, le GIF sait accrocher notre attention. Léger en terme de volume, il se partage facilement via les messageries instantanées. Ce format de la photo animée a été inventé en 1987 par CompuServe, l’un des grands fournisseurs de services en ligne américains. Symbole du kitsch des années 1990 – dont les messages d’anniversaire clignotants de toutes les couleurs sont un exemple évocateur –, le GIF connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, notamment grâce à la technique du cinemagraph. Aujourd’hui, on utilise les GIFs pour traduire en image une réaction ou exprimer un sentiment. Se déchargeant des mots, le GIF peut même avoir une valeur de commentaire. Les images sont dotées d’une puissance capable de susciter notre engagement et notre imagination.

Sam3, animé par A.L Crego – © A.L Crego

En effet, Internet s’envisage comme un nouvel espace, où le champ des possibles est décuplé. Entre image fixe et image en mouvement, le GIF devient alors un terrain de jeu pour explorer les possibilités du genre et créer des séquences surprenantes, poétiques, hypnotiques… Absorbé dans un cadre qui tourne en boucle, notre regard ne veut pas en sortir.

En somme, le GIF est en adéquation avec nos modes de consommation culturelle contemporains.

Les codes du graffiti bousculés ?

Évidemment, cette nouvelle tendance du street art animé interroge le codes traditionnels du mouvement, qui repose principalement sur l’aspect éphémère. Sommes-nous face à une nouvelle forme d’art urbain sur un support digital ? La technique du motion design pérennise les œuvres murales vouées à la disparition. Ces images en mouvement convoquent un effet de réel augmenté, qui semble aller au-delà des frontières de l’art. Devant un personnage qui fait tourner son parapluie ou bien des fenêtres qui se déplacent, on s’abandonne à la rêverie. Mais une fois devant les vraies œuvres, le vrai mur, est-on encore libre d’imaginer notre propre histoire ?

Si les GIFs interrogent les codes traditionnels du street art, ils sont une manière pour les artistes numériques de continuer l’œuvre et de se l’approprier de façon active pour réinventer l’espace urbain. Le GIF peut aussi devenir une critique de l’œuvre originale. Par exemple, A.L Crego a récemment repris le tableau autodétruit de Bansky, la « Petite Fille au Ballon Rouge ». Passé à la broyeuse, le tableau se transforme en billets de banque. Un moyen de dénoncer la montée en valeur du tableau et la marchandisation de l’art ? Autonome, le GIF semble devenir une œuvre. Alors, doit-on redéfinir l’art urbain en intégrant la dimension numérique ?

« La Petite Fille au Ballon Rouge » de Bansky, animé par A.L Crego – 
© A.L Crego

Sources

Article à retrouver sur Urban Art Paris et Kulturiste (CELSA).

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« Wonderful One », au-delà des limites du genre

Articles & interviews, Revues de presse, Sorties

Les corps, vêtus de bleu, se cherchent et se heurtent sur la scène nue. Au rythme du clavecin de Claudio Monteverdi ou de la voix envoûtante de la chanteuse Oum Kalthoum, les mouvements des interprètes varient entre légèreté et vigueur. Du 16 au 24 janvier 2019, le chorégraphe Abou Lagraa présente sa création Wonderful One au Théâtre National de Chaillot. Une pièce structurée en deux temps, celui d’un duo d’abord, puis d’un trio, qui transcendent la question du genre et interrogent la place des individus dans la société.


Le duo d’hommes, interprété Pascal Beugré-Tellier et Ludovic Collura, construit le premier tableau du spectacle, sur les notes baroques du Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi (1624). Un unique cube blanc règne au milieu de la scène, installant une atmosphère froide. Cependant, cette impression de froideur est mis au service du neutre. Il s’agit pour le chorégraphe de dépasser les limites du genre. La gestuelle des danseurs, légère et vigoureuse, brouille ainsi les frontières entre le féminin et le masculin. Les deux hommes apparaissent simplement comme deux corps vulnérables exprimant la joie, l’amour, la violence.

Plutôt qu’un duo, on assiste à un duel. La danse devient une lutte acharnée entre les deux interprètes. Ils s’attirent, s’entrelacent, se débattent dans un même mouvement, proche de la transe. La danse apparaît alors comme le symbole de la quête de l’autre et de la reconnaissance par l’autre au sein de la société.

Le second tableau met en scène un trio : deux femmes – Sandra Savin et Antonia Vitti – et un homme – Ludovic Collura. Il était important pour Abou Lagraa de « retrouver une présence masculine avec ces deux femmes afin d’effacer les clichés qu’on loue à la femme dans nos sociétés patriarcales. » Sur les voix chaudes et impénétrables de la chanteuse égyptienne Oum Kalthoum ainsi que de la religieuse libanaise Sœur Marie Keyrouz, le trio évolue paradoxalement dans la même ambiance froide, accentuée par les hautes grilles en métal. Énergiques, les danseuses contrastent avec la lenteur du duo masculin. Alors que le chaos chorégraphique semble s’imposer dans des mouvements désordonnés, l’unité des corps s’accomplit à travers ce qu’Abou Lagraa nomme le « merveilleux ». Exaltés, les danseurs donnent une impression de liberté absolue. C’est cette liberté qui nous tient en merveilleusement en vie, selon le chorégraphe. Là encore, le féminin et le masculin sont transcendés, pour « aller viser le ciel. »

Entre duo et trio, entre fragilité masculine et intensité féminine, entre musique baroque et musique orientale, le diptyque Wonderful One apparaît au premier abord divisé. Mais ce qui crée l’équilibre, ce sont les corps dépourvus de genre, avant tout pleinement en vie.

Les podcasts natifs ou le pouvoir de la voix

Revues de presse

« Natif (adjectif). Qui est inné, naturel ; que l’on a de naissance ». En avril 2018, selon une étude de Médiamétrie, 4 millions de Français.es écoutent des podcasts natifs chaque mois. « La Poudre », « Quouïr », « Transfert », « NoFun », « Les Baladeurs », « Plan Culinaire »… Les séries de podcasts, aux thématiques originales, sont en effervescence depuis peu en France. L’engouement pour ce format unique est tel qu’il est devenu presque inné, naturel de glisser des écouteurs au creux de ses oreilles et de se laisser porter par la voix de Lauren Bastide (La Poudre) ou par celle d’un inconnu qui raconte son histoire.

Mais c’est quoi un podcast natif, exactement ? Contrairement aux podcasts dits de « réécoute » proposés par les chaînes de radio, un podcast natif est un contenu sonore conçu, produit et diffusé exclusivement en ligne. Chacun télécharge et crée sa propre « bibliothèque auditive » librement. Des voix, des conversations, des récits de vie, des fictions comblent notre besoin d’histoire. Les podcasts natifs sont-ils le futur de l’audio ? À l’heure du règne de l’image, cette innovation médiatique s’impose comme une nouvelle manière de raconter le monde et de captiver l’attention.

Un média de l’intime, un média qui ralentit

Au volant de sa voiture, lors d’un trajet en train ou bien avant de s’endormir… hop, un nouvel épisode vient régaler nos oreilles. Les oreilles sont une zone érogène, le saviez-vous ? La voix crée un lien intime avec l’auditeur, stimulant son plaisir. Sur le ton conversationnel, le podcast s’adresse à une personne à la fois, contrairement à la radio traditionnelle. Une voix nous susurre des histoires vraies, des sujets tabous, des conseils rien que pour nous. À contre-courant des médias de masse, les podcasts natifs s’adaptent à nos modes de vie en proposant une écoute délinéarisée, personnelle et surtout libre.

Quand on écoute un podcast, on écoute autre chose que de la radio. Le podcast fait émerger des voix nouvelles, des angles originaux pour aborder des sujets variés, parfois peu traités dans les médias « classiques » : féminisme, afroféminisme, sexualité, pop culture, gastronomie, entrepreneuriat… Il s’agit de ralentir le rythme de l’info en continu pour prendre le temps d’écouter. « Le podcast vient combler les vides médiatiques »*, confiait Lauren Bastide, cofondatrice du studio de podcasts Nouvelles Écoutes et animatrice de l’émission féministe La Poudre. Pendant une heure, Lauren Bastide prend le temps de revenir sur le parcours d’une femme inspirante invitée pour l’occasion, de penser le féminisme en marge du scandale #metoo, qui fut virulent sur les réseaux sociaux.

Audio killed the video star : le renouveau de la fiction

En contradiction avec l’omniprésence de l’image, le podcast libère de la dépendance aux écrans et fait le pari de l’imaginaire. La culture de l’écoute attentive ouvre un champ des possibles pour le récit. Aussi addictive que les séries télévisées, la fiction audio s’apparente véritablement à du cinéma pour les oreilles. Arte Radio, pionnier en la matière depuis 2002, propose des podcasts natifs fictionnels qui plonge l’auditeur dans une expérience immersive inédite. Un exemple remarquable, la mini-série « Déviations », enregistrée en binaural pour un effet 3D audio, nous emmène à la découverte d’une ville fantasmée.

En cassant le format traditionnel de la radio, les podcasts transforment notre manière d’écouter : plus intime, plus personnalisée, plus originale, plus immersive. Symbole de remédiation, le podcast natif s’impose comme un média en tant que tel, sans pour autant remplacer la radio. Selon McLuhan« the content of any medium is always another medium ». En d’autres termes, tout média s’approprie le contenu d’un autre média, pour enrichir et améliorer l’expérience du consommateur.

Les marques en quête de storytelling

LVMH, Guerlain, Dior, L’Oréal… Ces marques voient dans les podcasts une nouvelle façon de capter l’attention. À l’occasion des Journées Particulièresde LVMH (destinées à faire découvrir les savoir-faire artisanaux de la Maison) en octobre 2018, la marque de luxe a lancé une série de podcasts en 13 épisodes intitulée « Confidences Particulières ». Incarnées par la voix du journaliste Julien Cernobori, ces promenades sonores vont à la rencontre d’hommes et de femmes amoureux de leur métier, et révèlent les secrets de la Maison LVMH. Le format des podcasts permet aux marques de créer un lien de proximité avec l’auditeur, un univers intime, de raconter une histoire singulière. En somme, de façonner leur image à travers un storytelling original.

Pour se financer, les réseaux de podcasts ont recours principalement au brand content. C’est le cas des Nouvelles Écoutes ou encore de Binge Audio. Écouter un podcast est un acte volontaire. Quoi de mieux qu’une audience pleinement engagée et attentive pour les marques ? Guerlain a récemment investi l’émission La Poudre. « C’est un parfum qui se veut l’expression de féminités multiples, échappant à toute définition », récite Lauren Bastide à propos du parfum « Mon Guerlain ». Ici, les concepts de publicitarisation et de dépublicitarisation théorisés par Valérie Patrin-Leclerc et Caroline Marti de Montety, pourraient s’appliquer. En effet, il n’y a pas de coupure entre l’univers du podcast et la publicité, puisque c’est l’animatrice qui l’énonce sur le ton conversationnel et intime de l’émission. Ainsi, la marque fait passer son message sans qu’il ait l’air publicitaire. Loin d’être perçu comme une intrusion, le contenu de la marque y trouve toute sa légitimité.

*Article Les Échos « Le podcast, une nouvelle façon d’écouter la radio »


Sources :

Pour approfondir le sujet :

Le podcast « L’air du son » qui analyse l’ « audio parlé », coproduit par Binge Audio et Audible, animé par Andréane Meslard : http://www.binge.audio/category/podcasts/lairduson/


Article à retrouver sur Fast’N’Curious, le webzine du CELSA qui analyse l’actualité de la communication.

Quand lutter devient le mot d’ordre

Revues de presse

Actualité – semaine du lundi 18 au vendredi 22 décembre 2017

Entre défense des droits des migrants et dénonciation de l’élevage de lapins en batterie, entre lutte pour la paix et lutte contre la pollution atmosphérique, l’actualité de la semaine s’est fait l’écho de nombreuses voix militantes.

Le droit à l’hébergement d’urgence plus fort que la loi…

Le monde de la solidarité lance un cri d’alarme sur le projet de loi immigration. A l’occasion de la Journée internationale des migrants ce lundi 18 décembre, des associations de lutte contre l’exclusion dénoncent la politique migratoire de Gérard Collomb qui prévoit le recensement dans les hébergements d’urgence. Celles-ci refusent que « les centres d’hébergement deviennent des annexes des préfectures » et demandent au Défenseur des droits Jacques Toubon d’intervenir auprès du gouvernement estimant que ces mesures portent « atteintes aux droits » des personnes étrangères. Ce même jour, Jacques Toubon a fait part de ces inquiétudes à l’antenne de France Inter dans la matinale de Nicolas Demorand : « Les personnes qui n’ont pas de titre de séjour pourraient être enfermées dans des centres de détention : c’est un changement complet de notre politique ».

Dans la même verve, la député LREM Sonia Krimi a fait retentir sa voix à l’Assemblée contre le Premier ministre, ce mardi 19 décembre : « Ce dispositif détourne l’hébergement d’urgence et les lieux d’accueil gérés par les associations de leur finalité » et « les utilisent pour mettre en œuvre la politique de gestion des flux migratoires ». Une lutte pour un droit humain inconditionnel, une lutte pour les valeurs de la République Française.

Les animaux ont eux aussi le droit à une dignité…

Décidément, l’actualité de cette semaine est marquée par la défense des droits des individus. Cages exiguës aux grilles métalliques, installations insalubres sans la moindre lumière. Dans une nouvelle vidéo publiée sur Youtube le 19 décembre, l’association L214 pour la défense des animaux dévoile les conditions de vie des lapins Orylag au pelage particulièrement soyeux, dans trois élevages de Nouvelle Aquitaine. Les images sont choquantes. La tête tordue vers le sol, troubles du comportement, blessures à vif. Élevés en batterie non seulement pour leur viande mais aussi pour leur fourrure, les lapins Orylag deviennent la matière première des marques de luxe. « Les manteaux, les écharpes, les sacs à main ou encore les peluches se retrouvent chez Dior, Fendi et Dolce & Gabbana », rapporte la journaliste Audrey Garric pour Le Monde.

C’est un véritable choc pour Jean Bouttaud, président de la coopérative Orylag. Il se dit « extrêmement surpris et choqué de l’existence de telles images » qui ne correspondent pas aux « valeurs que nous défendons et aux soins que nous apportons aux animaux », peut-on lire dans le magazine Science & Avenir. Des propos dissonants en regard de la vidéo.

A l’Assemblée générale des Nations Unies, la volonté d’une paix durable contraste avec la décision de Trump sur le statut de Jérusalem…

Une fois de plus, Trump se retrouve isolé sur la scène internationale. Le jeudi 21 décembre, 128 des 193 pays membres de l’ONU ont condamné la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis. Un vote qui « reconnaît le droit international » et qui rappelle que « toute décision sur le statut de Jérusalem n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée », rapporte le quotidien Les Echos. Alors que les affrontements entre Palestiniens et Israéliens se multiplient, Trump ne compte pas revenir sur sa décision, comme à son habitude. La menace d’une guerre prochaine est-elle réelle ? Dans son éditorial au Monde le 23 décembre, le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim, d’origine argentine et israélienne, estime qu’il est « nécessaire de penser certains aspects de ce conflit de manière nouvelle » et plus humaine.
Selon Daniel Barenboim, le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit entre deux nations, mais entre deux peuples vivant sur le même territoire. La décision des Etat-Unis favorise l’un et démoralise l’autre. Ainsi, le pianiste défend l’idée d’une solution à deux états et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de la Palestine et d’Israël : « face à la décision unilatérale des Etats-Unis, j’en appelle au reste du monde : reconnaissez l’Etat de Palestine, tout comme vous avez reconnu l’Etat d’Israël ».

De son côté, l’Inde prend des mesures originales pour lutter contre la pollution atmosphérique…

Circulation automobile, incinérations de déchets à ciel ouvert, fumées des usines. La capitale de l’Inde New Delhi est devenue une véritable chambre à gaz. Au début du mois de novembre, la concentration des particules fines dans l’atmosphère s’élevait à 1000 microgrammes par mètre cube, soit quarante fois le niveau maximum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Désespérées, les autorités de Delhi ont testé une mesure tout à fait originale. Le mercredi 20 décembre, les habitants de la capitale ont pu observer en pleine rue un brumisateur géant (« canon antismog ») destiné à faire tomber les particules fines qui empoisonnent l’air, selon Julien Bouissou, correspondant en Inde pour Le Monde. L’engin projette jusqu’à 100 litres d’eau par minute dans un rayon de 150 mètres.

Toutefois, cette initiative est critiquée par les ONG. Pour Sunil Dahiya de Greenpeace, « le gouvernement local cherche à détourner l’attention de son incapacité à combattre les sources de la pollution, principalement la production industrielle, les émissions de véhicules et la poussière des chantiers de construction » souligne le site d’Europe 1, le 20 décembre. Une méthode qui fait disparaître la pollution seulement quelques heures.

INDIA-POLLUTION

© SAJJAD HUSSAIN / AFP

Laura Barbaray

Brouillard, flou, confusion… on s’y perd

Revues de presse

Actualité – semaine du vendredi 6 au vendredi 13 octobre 2017

Entre discours en demi-teinte des personnalités politiques, entre désaccords et perte de repères, l’actualité de cette semaine était noyée dans un brouillard opaque.

Le jeu du « ni oui ni non » fait passer le temps au Parlement catalan…

Le regard inquiet, parfois empli de larmes. Des centaines de Catalans indépendantistes ont les yeux rivés sur l’écran géant installé au pied de l’Arc de Triomphe. Joie et confusion se lisent sur les visages. Telles sont les images que Jorge Guerrero a livrées pour l’AFP et Le Point ce mardi 10 octobre. Ce soir-là, le discours du président de la Catalogne Carles Puigdemont a sonné creux pour l’Espagne tout entière. En déclarant la suspension des effets d’une pseudo-indépendance le temps d’un dialogue avec Madrid, le séparatiste sème le trouble dans les esprits de chacun. L’indépendance catalane, un mythe ou une réalité ?

Gemma Faura, infirmière de 32 ans, déclare à l’AFP « j’aurais été beaucoup plus directe ». Pour l’extrême gauche (CUP), le discours ambigu du président de la Catalogne est une véritable « trahison », rapporte la journaliste Sandrine Morel pour Le Monde le 11 octobre.

On en perdrait son latin. Même Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, demande une clarification de la position catalane. Carles Puigdemont a jusqu’au lundi 16 octobre pour confirmer s’il a bel et bien déclaré l’indépendance de la région et mettre fin à une confusion générale.

De l’autre côté de l’Atlantique, Trump manque de clarifier sa position, lui aussi…

Le président des États-Unis Donald Trump affiche son autorité et ses positions radicales, comme à son habitude. Il n’a eu cesse de critiquer l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 comme « le pire accord jamais conclu par les États-Unis », promettant de le « déchirer » durant sa campagne. Vendredi 13 octobre, dans un discours particulièrement agressif, Donald Trump a refusé de certifier le respect des engagements iraniens. Tout compte fait, il décide de ne pas quitter l’accord multilatéral. Certes, en se plaçant en retrait, il le fragilise. Alors, quelles seront les conséquences de cette remise en cause partielle ? Trouble et inquiétude au sein de la communauté internationale. Dans sa tribune au Monde ce samedi 14 octobre, Frédéric Charillon affirme que Trump ne fait qu’accroître la méfiance mondiale à l’égard de son pays. « En Europe centrale, orientale et baltique […] on s’inquiète de la volatilité de la parole de Trump », écrit Frédéric Charillon.

On ne peut pas en dire autant de Raila Odinga qui abandonne la partie…

Décidément, l’actualité de cette semaine a été marquée par un nouveau retrait, clair et net cette fois-ci. Au Kenya, Raila Odinga, candidat à la présidentielle du 26 octobre et principal opposant au président sortant Uhuru Kenyatta, a annoncé ce mardi 10 octobre ne pas participer au scrutin, affirmant qu’il sera « pire que le précédent ». Coup de théâtre politique. La presse kényane s’inquiète. « Le pays est plongé dans la confusion avec le retrait de Raila Odinga » souligne le Daily Nation dans son éditorial, principal quotidien du pays. « La grande question maintenant est : que va-t-il se passer ? » s’interroge le journal.

Dans Le Monde Afrique, Marie-Emmanuelle Pommerolle, directrice de l’Institut français de recherche en Afrique à Nairobi, pointe du doigt le manque de clarté de la législation. Y aura-t-il une élection ? Uhura Kenyatta risque-t-il d’être désigné de fait comme vainqueur du scrutin ? La population kényane est plongée dans le flou le plus total.

La partie ne fait que commencer pour l’écriture inclusive : un vrai charabia pour tous.tes…

En France, les plus jeunes comme les plus vieux avancent en terre inconnue, eux aussi. L’écriture inclusive, destinée à mettre sur un pied d’égalité les femmes et les hommes, a défrayé la chronique cette semaine suite à la parution d’un manuel scolaire Questionner le monde qui pratique la novlangue.

Le Figaro dénonce en Une ce vendredi 6 octobre « les délires de l’écriture inclusive ». Le ton est donné. Marie-Estelle Pesh livre un entretien de Michael Edwards, académicien britannique au Collège de France. Selon lui « ce français défiguré rend la lecture impossible ».

Pour  l’écriture inclusive : féministe révolté.e ou simple volonté d’équilibrer les rapports de force ? Ou bien contre : sexiste ou simple amoureux.se de la langue française ? Le sujet fait débat.

Le rire se perd ou rire à perte ?

L’équipe du site parodique francetvdesinfo, un collectif proche de la France Insoumise, nous apprend dans un communiqué le 8 octobre, la mise en demeure du site exigée par Radio France et France Télévisions. Non, ce n’est pas une blague. C’est bien la seule information véridique publiée sur le site francetvdesinfo. « Il nous est donc reproché de provoquer la confusion et d’écorner l’image de France Info » explique le communiqué. Doit-on comprendre que les infos parodiées semblent approcher une certaine vérité ? Belle ironie. Ou bien que l’on nous considère comme des lecteurs peu éclairés, que l’on doit prendre par la main ? Là, notre orgueil en prend un coup.

Mais consolons-nous, francetvdesinfo se transforme en worldtvdesinfo et continuera à tourner l’actualité en dérision pour éveiller nos consciences ! (ou bien y semer le trouble…)

Laura Barbaray