Moums, l’étoile montante de l’Afro-trap #3

Articles & interviews, Musique

« Éragny-sur-Oise, pépinière des musiques urbaines » #3

Le rappeur indépendant Moums est un ami d’enfance de Presnel Kimpembe, le champion du monde de football.


« Dans mon bendo c’est la pagaille », chante Mouhamadou, le jeune Éragnien de 23 ans. Surnommé Moums, le rappeur connaît un succès fulgurant sur les réseaux sociaux avec son tout premier titre La Pagaille sorti en juin 2018.

Débuts sur Instagram

Dans son quartier à Éragny-sur-Oise près de la gare, Moums aime improviser des textes de rap lors de soirées entre amis. « Cela s’appelle des freestyles », explique-t-il. Les performances filmées ont fait le tour des réseaux sociaux. « À ma grande surprise, ces freestyles ont pris de l’ampleur sur Snapchat », évoque le jeune artiste. En novembre 2017, Moums s’inscrit au tournoi d’improvisation « 1 minute de rap » sur Instagram, l’application mobile de photos. Chaque participant envoie un rap d’une minute pour obtenir le plus de « j’aime ». Là, Moums fait ses preuves et se qualifie pour la finale. « Ce tournoi m’a permis d’avoir plus de visibilité », ajoute-t-il. Ses remix d’artistes, comme le titre B.O.C de Niska, comptabilisent déjà plusieurs milliers de vues sur YouTube.

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Moums en session d’enregistrement – © Facebook Moums officiel

Ami de Presnel Kimpembe

Des tonalités africaines, des rythmes enjoués, des paroles fédératrices. En juin 2018, Moums sort son premier titre La Pagaille qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. « Je fais de l’Afro-trap », évoque Moums. Joyeux et festif, ce style prend sa source en Afrique de l’Ouest, comme au Nigeria ou encore au Ghana.

Ces airs rythmés ont fait danser l’équipe de France. Lors de la Coupe du monde de football, le titre La Pagaille de Moums figurait dans la playlist des Bleus. « Presnel et moi sommes amis depuis la maternelle », sourit Moums. Presnel Kimpembe, surnommé le DJ de l’équipe de France, n’a pas hésité à diffuser la chanson de son ami sur son enceinte, lors des trajets en bus. « Grâce à lui, j’ai pu obtenir une plus grande visibilité sur les réseaux sociaux partout en France », s’enthousiasme-t-il.

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Moums et Presnel – © Facebook Moums

Clip tourné à Éragny

Faire danser et rassembler dans une ambiance festive. C’est bien ce que communique Moums dans son clip tourné à Éragny, près de la gare. « La veille du tournage, j’ai posté un message sur les réseaux sociaux en invitant toute la ville à venir figurer dans le clip », confie Moums. « Le lendemain, beaucoup de monde a répondu présent ! », s’exclame le jeune artiste, enjoué. Les paroles de La Pagaille évoquent le quartier de Moums à Éragny, où il a grandi. « J’ai voulu déconstruire les clichés des banlieues », ajoute-t-il. Le clip compte près d’un million de vues sur YouTube depuis le 25 juin dernier. Une véritable ode à la ville d’Éragny.

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Clip « La Pagaille » tourné à Eragny

Après un concert très réussi au Cergy Mondial le 8 juillet, Moums sera l’invité de Pape Diouf, artiste sénégalais, à Bercy, le 13 octobre prochain.

Laura Barbaray


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Article à retrouver dans la Gazette du Val d’Oise (n°2216, paru le mercredi 29 août 2018).

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TRprod, profondeurs sonores

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L’un est chanteur et guitariste, l’autre est arrangeur-compositeur. Le duo TRprod est né de cette rencontre, entre Thomas et Raphaël. Un mélange subtile et mystérieux d’électro, de rock et de trip hop aux tonalités mélancoliques pour un voyage dans les profondeurs sonores. Leur premier EP « Naissance », sorti le 15 juin 2018, laisse entrevoir un univers musical aux multiples nuances. Rencontre.


Un duo complémentaire

Des sonorités synthétiques, une guitare électrique, une voix sombre et grave. TRprod développe sa propre identité musicale, fruit de la rencontre complémentaire de Thomas et Raphaël.

Thomas est chanteur, guitariste et pianiste depuis douze ans. « Auparavant, j’étais membre du groupe pop-rock Terminal Périphérique. J’écrivais les paroles et je composais à la guitare » se présente Thomas. Thomas évolue dans le monde rock, tout en modelant des tonalités mélancoliques. « Je suis sensibles aux paroles de Noir Désir, M ou encore Mano Solo. Je me sens proches de ces artistes musicalement », évoque-t-il.

Raphaël est arrangeur-compositeur. Il a commencé la musique à l’âge de 11 ans en apprenant la guitare. « Lorsque j’ai eu mon premier ordinateur, j’ai travaillé sur un logiciel de musique assistée par ordinateur (MAO). Cela m’a formé dans la technique du son et de l’enregistrement », explique Raphaël. Ainsi, il progresse dans un univers électro et synthétique.

En 2014, c’est là que tout commence. « On s’est rencontrés il y a cinq ans en classe, dans une formation de techniciens des métiers du spectacle » rappelle Raphaël. A cette époque, les deux artistes montent un collectif d’audiovisuel dans la création de courts-métrages. « Nous composions les bandes de son pour ces petits films. Le style musical que nous développions nous plaisait et plaisait à notre entourage » se souvient Thomas. Thomas et Raphaël décident de prolonger l’aventure en créant un duo, TRprod.

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Thomas – © TRprod

Faire voyager

Raconter une histoire, évoquer les sentiments du quotidien et faire voyager. Telle est l’intention musicale du premier EP « Naissance » de TRprod, composé de cinq titres. L’expérience de Thomas et Raphaël dans l’illustration sonore leur a permis d’entrer dans la fiction, de faire parler les images à travers la musique. « Les bandes sonores étaient très importantes dans nos courts-métrages. On était exigeants sur la réalisation des musiques et cela nous a permis de trouver peu à peu notre style » confie Thomas. « Ce qui nous a donné le déclic, c’est la bande originale du film ‘Tchao Pantin’, réalisée par CharlElie Couture » ajoute Raphaël. « Les sonorités sombres et mystérieuses nous plaisent, on se reconnaît dans ce style musical » s’enthousiasme Thomas.

« Naissance » pourrait aussi bien raconter une histoire. Ou du moins le voyage initiatique des deux amis. « On pourrait voir dans les musiques de notre EP une continuité. On commence par ‘Genèse’ pour finir avec ‘Turquoise’, deux titres instrumentaux pour ouvrir et clore le voyage » explique Thomas. « On alterne un morceau chanté et une musique instrumentale pour apporter une cohérence et plonger l’auditeur au cœur d’une histoire, d’un univers » ajoute Raphaël.

Travailler dans le temps pour aboutir à un résultat de haute qualité. Seuls, les deux artistes ont composé ce premier EP, selon leur ressenti, sans précipitation. Du pur homemade.

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« Naissance » – © TRprod

Une narration visuelle

Si TRprod raconte une histoire à travers les musiques, le duo attache de l’importance à la narration dans les clips. On retrouve leur intérêt pour l’illustration sonore. Le clip du titre « Genèse » met en scène une danseuse au milieu de friches industrielles. Ses mouvements lents et gracieux contrastent avec les scènes tumultueuses de la vie urbaine. « On a pris une feuille blanche et un stylo, et on a réfléchi à la trame du clip, à une narration esthétique » explique Raphaël. « La danseuse avait carte blanche. Elle donne un ton mélancolique, c’est elle qui guide et fait contrepoids par rapport aux scènes de la ville » ajoute Thomas.

Dans le clip de « Genèse » on entre dans les profondeurs abyssales des sons et des images, si ce n’est dans la genèse du projet de TRprod. « Au début du clip, le travelling vers l’avant en direction du tunnel représente un œil » suggère Thomas. « C’est comme si on entrait dans un autre monde pour en ressortir plus ou moins changé à la fin » ajoute-t-il.

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Clip « Genèse » – © TRprod

Le duo TRprod travaille de nouveau sur un prochain EP. « On aimerait revisiter une musique de mon ancien groupe Terminal Périphérique » avance Thomas. D’ici là, TRprod réfléchit à se produire en concert…

Laura Barbaray

Leska, le duo éclectique

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Le bruit des roues d’un skateboard sur le bitume, des tonalités électro percussives, et la voix de José R. Fontao qui monte en puissance. « Curious » le nouveau titre de Leska, duo formé de Marc Mifune (alias Les Gordon) et Thomas Lucas (alias Douchka), donne un avant-goût de leur prochain EP « Circles II » prévu le 15 juin 2018. Après leur succès au Printemps de Bourges l’an dernier, les deux artistes rennais joueront aux Vieilles Charrues le 21 juillet prochain.


Un duo complémentaire

Leska, c’est la rencontre entre deux univers musicaux différents, mais complémentaires. La légèreté de Les Gordon et l’énergie de Douchka.

Marc est violoncelliste. « J’ai étudié au conservatoire » explique-t-il. Avec son projet Les Gordon, il signe plusieurs EPs, aux sonorités synthétiques et japonaises, chez le label Kitsuné. Thomas, lui, est batteur et DJ. Petit à petit, il se fait une place dans la musique électro en signant chez Nowadays Records.

La singularité des deux artistes a formé Leska, en 2015. « On a chacun notre univers. Notre volonté est de créer une troisième entité musicale à part entière » résume Marc. « Lorsqu’on a sorti notre premier morceau ‘Olympia’, on n’imaginait pas faire du live. On produisait du son, mais un son tout à fait nouveau. Et aujourd’hui sur les sessions live, la complémentarité se fait tout naturellement » ajoute Thomas.

Originaires de Rennes, les deux artistes trouvent aussi un point de jonction dans la ville bretonne. « On s’y sent bien. Rennes est comme un foyer pour nous » évoque Marc. « C’est vrai qu’on est particulièrement attachés à la ville, puisque notre premier concert était à la scène de l’Antipode, à Rennes. Cependant, on reste ouverts au territoire national » confie Thomas.

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Leska (Marc et Thomas) – © Micky Clément

De nouvelles expériences sonores

Explorer un genre musical nouveau, imaginer des sonorités progressives. Tel est le projet de Leska. « On n’aime pas les étiquettes. On ne dresse pas de frontières entre les genres. On teste, on expérimente librement de nouveaux sons, ce qui permet d’affiner notre identité, mais notre principal objectif est la recherche de nouvelles expériences sonores » explique Thomas. En piochant dans l’électro, le rock ou encore la musique classique, Leska compose spontanément. « Chaque morceau renouvelle perpétuellement notre style musical » ajoute Marc.

Après leur premier EP « Circles » en 2017, aux mélodies reggaeton et influencé par leur voyage en Afrique du Sud, Leska revient avec l’épisode 2. « Circles II », la suite logique ? « Les rythmes sont plus lents et percussifs, on a beaucoup appris des lives. C’est la suite de notre évolution musicale, de nos recherches sonores », affirme Thomas. Les deux jeunes artistes ont apporté de nouvelles voix, en attachant de l’importance aux collaborations. « Cela s’inscrit toujours dans notre volonté d’expérimenter : sur le premier EP on a déjà samplé, alors intégrer de vraies voix nous semblait intéressant cette fois-ci », selon Marc. La chanteuse américaine Lia prête sa voix sur le titre puissant et organique « Only and only ». Ou encore José R. Fontao, du groupe Stuck In The Sound, sur le morceau « Curious ».

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Circles II – Leska

Des artistes complets

Le duo Leska excelle dans la musique, mais aussi dans la production visuelle. Marc et Thomas ont entièrement réalisé le clip de « Curious », sur le port de Douarnenez en Bretagne. Une nuée de skateurs tournoient au milieu des entrepôts. « Depuis un certain temps, on pensait réaliser un clip avec des skateurs. La websérie de Marion Gervais ‘La bande du skatepark’ a beaucoup influencé notre travail » évoque Thomas. « D’autre part, on a écrit pas mal de maxis sur le port de Douarnenez, c’est significatif pour nous » se souvient-il.

Sur scène, Leska mêle les sons électroniques avec de vrais instruments. Marc joue du violoncelle ou encore de la guitare. Entre deux mix, Thomas se met à la batterie. « Faire danser le public, c’est notre principal désir » résume Marc. La scénographie fait partie intégrante du live : les lumières intensifient les sons pour une performance pleinement réussie. Une effusion d’énergie.

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Clip « Curious » – Leska


Concerts à venir :

  • 21/07/2018 : Festival des Vieilles Charrues – Carhaix-Plouguer
  • 18/08/2018 : Festival Submersons – Muzillac
  • 19/09/2018 : Point Éphémère – Paris

Laura Barbaray

Focus sur la playlist – l’interview de MOU

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Artistes en floraison Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En février, l’artiste nantais MOU avec le titre « Godbless » est mis à l’honneur.


Tu es cuisinier à tes heures perdues à Nantes. La musique reste-t-elle un passe-temps ou envisages-tu de quitter tes fourneaux ?

Pour commencer, disons que je suis musicien à mes heures perdues. Ma formation de base c’est la restauration, alors que je n’en ai jamais effectuée pour la musique. On va dire qu’il est un peu trop tôt pour moi d’envisager de quitter mes fourneaux. Bien que ces derniers temps je me penche énormément sur ma musique et les projets à venir. Laissons le temps aux choses, voir comment cela évolue, et pourquoi pas, un jour quitter ma cuisine, quand la route sera plus claire… Je suis de nature anxieuse, j’ai besoin de savoir où les choses m’emmènent avant de foncer.

D’où vient ta passion pour la musique et comment es-tu entré dans le monde musical ?

J’ai toujours écouté énormément de musique, mes parents n’avaient pas beaucoup de vinyles mais les écoutaient tous les jours. J’ai aussi deux grandes sœurs qui adorent la musique, beaucoup de chanson française en réalité. Et par la suite j’ai commencé à squatter la médiathèque de ma ville natale avec des potes, pour chopper des skeuds et les graver à la maison pour agrandir ma collection.

Je suis entré dans le monde musical en faisant des rencontres, principalement une fois sur Nantes. Ça a commencé avec Bâton (batteur de Rhum for Pauline), il m’a beaucoup conseillé sur comment avancer là-dedans. Ensuite, c’est allé assez vite, je connaissais aussi Lenparrot, et ces deux-là sont liés au label Futur. Futur m’a programmé pour leur festival qui est organisé tous les ans en juillet à Trempolino. Et à partir de là, j’ai rencontré La Brousse, le co-fondateur du label, qui m’a proposé de bosser sur ses prods. C’est le beatmaker de l’EP et il a aussi fait toutes les instrus.

On te décrit souvent comme « ni rappeur et ni chanteur ». Es-tu d’accord ? Quelles sont tes influences musicales ?

Je suis relativement d’accord même si je ne suis pas fan des étiquettes que l’on peut donner aux musiciens. Mes influences sont principalement hip-hop, mais ma famille n’écoutait que de la chanson française donc ça a dû avoir un impact sur ma musique aussi. Pour les artistes qui m’ont vraiment marqué, il y a Doc Gynéco avec « Première Consultation », Oxmo Puccino avec « L’amour est mort » ou encore Fabe avec « Détournement de son ». A présent, des groupes comme Mild High Club, Homeshake et des gars comme Muddy Monk font partie des artistes que j’écoute beaucoup.

Ton nom d’artiste « MOU » laisse imaginer une certaine nonchalance, une certaine mollesse dans tes chansons. Pourquoi avoir choisi ce nom, un brin provocateur ?

En effet, je voulais marquer la chose. Je suis relativement calme, voire mou personnellement et je me suis rendu compte que dans ma musique, cette nonchalance revenait. Cela me semblait logique de ne pas vendre quelque chose qui n’était pas moi, je pense que les gens sont prévenus quand ils écoutent mes tracks !

Ton premier EP « Full Sentimental » est sorti le 19 janvier 2018. Qu’exprimes-tu à travers tes chansons, aux rythmes lents et ankylosés ? Y a-t-il un rapport avec ton nom d’artiste « MOU » ?

Le but de cet EP était de tester d’autres choses avant tout. Me prêter plus à chanter, sur des beats dont je n’étais pas habitué auparavant. Ce qui reste cool, c’est que La Brousse a aussi une très bonne culture hip-hop donc on a pu trouver un terrain d’entente. J’essaie juste de parler de mon quotidien, des choses qui m’entourent, parfois de détails futiles mais aussi de délires plus lointains et imaginaires.

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© Mou – Full Sentimental

Le titre de ton EP fait-il référence à Alain Souchon ?

Je suis un grand amateur de jeux de mots, et pouvoir faire un clin d’œil à la chanson française tout en expliquant que l’EP est rempli d’amour c’était parfait.

A l’écoute de ton titre « Godbless », on ressent de l’amertume. Les paroles sont incisives et mélancoliques. Quelle émotion souhaites-tu partager à travers ce titre ?

A la base, je voulais créer une mélancomédie, ce que personne n’a compris. Je parle d’un chien qui se nomme Godbless, qui me mène la vie dure. J’ai essayé de l’imager comme si c’était une personne, en décidant que ses croquettes seraient des corn flakes et qu’il s’éclipsait dehors quand il y avait trop de fumée de clopes à l’intérieur. Tout ça, sur une instru très mélancolique, pour contre-balancer la chose. Mais finalement, chacun en fait son histoire et ce n’est pas plus mal.

Comment a-t-il été composé ?

Lorsque Quentin (La Brousse) m’a envoyé cette prod, je savais qu’il fallait faire quelque chose avec mais je ne voulais pas tomber dans le côté « drama », c’était trop facile. Et puis, j’ai tendance à mater beaucoup de vidéos de chiens sur Instagram, ce qui est arrivé le jour où j’ai écouté l’instru de « Godbless ». Du coup c’est allé assez vite pour écrire ce texte car l’envie d’avoir un chien me démange depuis un petit moment… J’adore les chiens, c’est une passion depuis tout petit. Je pense qu’on retrouvera le thème canin dans d’autres sons.

Le clip de « Godbless » te met en scène dans une maison presque vide avec ce fameux chien. Tu sembles planer dans une atmosphère surréaliste. Que signifie le clip et comment a-t-il été réalisé ?

Le but était de mettre en avant juste un chien et moi, raconter une histoire à deux, et que derrière la jolie tronche de ce chien, il me menait la vie dure… Amener une vision surréaliste était cool car cette chanson l’est complètement, je fais quand même un titre sur un animal qui n’en a rien à faire de mes dires et me laisse sous les décombres de ces conneries.

Le père d’une de mes amies a un grand domaine avec de vieux bâtiments abandonnés. En plus de cela, il possède 3 ou 4 chiens donc le cadre était idéal pour tourner le clip. Ensuite, j’ai contacté Zoé Cavaro, qui avait déjà travaillé avec moi auparavant, je lui ai expliqué le thème, le contexte, et elle a réussi à retranscrire dans les images tout ce que je désirais. C’est elle qui a fait le travail, car j’avais des idées en tête mais elle a très bien réussie à apporter sa touche.

Quels sont tes prochains concerts ?

Le 17 mars au Pop Up du Label à Paris, c’est une réunion du gang Futur. Il y aura les différentes signatures que le label a pu faire ces dernières années, avec Ricky Hollywood, Ed Mount et moi-même. Mais aussi, Voyou, qui est un pote à nous, en dj set avec La Brousse et Raphael d’Hervez, les fondateurs du label.

Sinon il y a le 5 mai au Pannonica à Nantes, pour une carte blanche de Lenparrot. Une belle réunion de copains avec Tonus, La Muerte, Discolowcost et Lenparrot himself.

As-tu des projets pour l’avenir ?

Pour le moment j’écris. De nombreuses choses risquent d’arriver d’ici peu, avec pas mal de surprises. Je n’ai pas de projet d’album pour le moment, le format d’EP me plait bien, ça me permet de peaufiner mon univers et pouvoir garder une cohérence sur le projet.

Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Focus sur la playlist – l’interview d’Alice et Moi

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Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En novembre, le projet Alice et Moi avec le titre « Filme moi » est mis à l’honneur. Rencontre avec la jeune chanteuse Alice Vanor.


Après avoir terminé ton master de journalisme à Sciences Pô en 2016, tu t’es consacrée entièrement au projet Alice et Moi. Envisages-tu de devenir journaliste ou bien souhaites-tu te lancer dans une carrière musicale ?

Aujourd’hui, je me concentre uniquement sur la musique. J’ai toujours voulu faire de la musique. Depuis que je m’y consacre entièrement, ma vie a complètement changé. Je me sens tellement bien que je ne me vois pas faire autre chose que de la musique. J’y pense tout le temps.

Cependant, il y a plein d’aspects dans le journalisme que j’adore : l’écriture, les images, les documentaires. Peut-être que plus tard je me lancerais dans ce genre de projet, mais ce n’est pas ma priorité pour le moment.

Dès ton plus jeune âge, tu baignes dans la musique : ton père est un ancien membre d’un groupe punk. Comment es-tu passée de l’influence d’un père féru de punk jusqu’à la musique pop aujourd’hui ?

Mon père m’a donné le goût de la musique, c’est sûr. Depuis que je suis toute petite, mon père joue de la guitare avec moi. Ma mère aussi écoutait beaucoup de musique : elle allait voir les Rolling Stones en concert. J’ai toujours baigné dans une atmosphère un peu cool, un peu rock. J’adore la musique rock comme The Clash, The Cure…

De mon côté, j’ai toujours écouté d’autres artistes comme Vanessa Paradis. Quand j’étais enfant, je chantais à la fin du dîner entre amis la chanson « Pourtant » de Vanessa Paradis ! Mon père a une voix punk qui déchire. Moi, j’ai une plus petite voix, plus douce, alors c’est vrai que je m’identifiais parfois à des artistes comme Vanessa Paradis. Sa voix est honnête, naturelle : quand elle chante, elle raconte une histoire et ça me touchait beaucoup quand j’étais petite. Je me sentais dans mon univers, même si j’adore le rock.

Plus tard, j’ai découvert le groupe La Femme que j’adore. En ce moment, j’écoute pas mal de rap français avec mes petits frères, comme Lomepal ou Nekfeu. L’accent mis sur le texte me plaît beaucoup.

Le nom « Alice et moi » laisse entendre l’idée d’une personnalité double. Que signifie ce nom et comment le projet est-il né ?

Quand j’étais à Sciences Pô, je faisais déjà de la musique mais sous mon vrai nom, Alice Vanor. Mais je ne m’y consacrais pas encore à plein temps. A l’époque, je travaillais déjà avec Ivan Sjoberg. J’écrivais mes textes en français et Ivan m’a donné des conseils. Lorsque j’ai fini mon master, je me suis rendue compte qu’il y avait ce côté double en moi : un moi quotidien et un moi projeté sur la scène. J’avais envie de basculer de l’autre côté, d’intervertir avec le monde réel et d’aller vers un univers magique.

Il y a un an, pour monter mon projet « Alice et moi », Jean-Baptiste Beurier a travaillé les sons et Ivan sur la compo. Je leur ai expliqué ce que je voulais : chanter en français avec un style électro un peu mélancolique. C’est mon projet, mais dans la musique on travaille toujours entouré. Et puis nous sommes arrivés à ce petit bébé que j’aime bien. Je suis très contente !

En mars 2016, tu es conviée par les inRocks lab à la Gaîté Lyrique à Paris pour donner un concert. Que retiens-tu de cette expérience ?

C’était mon deuxième concert alors je vais être honnête : j’ai du mal à regarder ce live ! J’étais très stressée (et malade…). Mais j’ai quand même adoré, il y avait beaucoup de monde. J’étais très impressionnée. Finalement, c’était une belle expérience. Et grâce aux inRocks lab, j’ai rencontré le manager qui a créé le festival « Cabourg, Mon Amour », avec qui je travaille maintenant.

Le 27 octobre est sorti ton premier EP « Filme moi ». Que raconte-t-il ?

Il parle de la vie moderne, de sentiments universels, d’amour et de solitude. Se sentir seul dans la foule est un sujet que j’aborde avec le titre « Il y a ». L’EP évoque aussi le narcissisme, mais pas au sens négatif du terme. C’est plutôt le fait d’avoir envie d’être vu, d’exister, comme avec le titre « Filme moi ». Toutes mes chansons sont un peu mélancoliques… C’est juste un peu moi. J’écris sur ce qui me touche dans ma vie : des soirées, des regards, des amours, un peu de jalousie aussi. En tout cas, rien est inventé dans ce premier EP, j’essaie d’être sincère.

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Visuel EP « Filme moi » – Alice et Moi

Comment s’est déroulée cette toute première expérience ?

Ivan m’a aidé sur la compo, on a travaillé les sons dans le studio de JB et j’ai écrit les paroles. Pour le mix et le mastering de l’EP, Perceval Carré et Benjamin Savignogni ont bossé avec nous. Je donnais les lignes directrices, mais c’est un projet qui a pu voir le jour en travaillant ensemble.

Un style plutôt électro-pop aux tonalités synthétiques se perçoit à l’écoute de ton EP. Quelles sont tes influences musicales aujourd’hui ?

J’aime beaucoup le groupe La Femme (mon gros coup de cœur), Odezenne pour son univers et ses textes, Stromaé avec ses paroles déchirantes sur de la musique dansante… Aujourd’hui, il y a énormément de jeunes artistes talentueux. Le monde de la musique est riche de nouveaux artistes dont je m’inspire tout le temps. La nouvelle génération d’artistes écoute des styles musicaux qui se mélangent, qui se complètent, et c’est une source d’inspiration incroyable.

Le titre langoureux « Filme moi » fait partie des entrées en playlist du mois de novembre. Comment a-t-il été composé ? Évoque-t-il une expérience personnelle ?

« Filme moi » est un titre très fort pour moi. J’avais déjà une certaine idée en tête avant de le composer. Ivan m’a envoyé une première version et on a tout de suite senti qu’on allait dans la bonne direction. Et puis le morceau s’est fait très naturellement. JB a trouvé les petits synthés du début. On trouvait le rythme entêtant.

Pour la signification du titre, il y a deux visions : une vision sensuelle d’une fille qui dirait à son copain ou à sa copine « filme moi, garde quelque chose de nous ». Et une vision plutôt existentielle, presque malsaine à force de répéter « filme moi ». On a envie d’être vu, de faire partie du monde, d’être apprécié à sa juste valeur.

Le clip, sensuel et rétro, fait penser à des vidéos de vacances filmées avec un vieux caméscope. Quel lien entretient-il avec le titre « Filme moi » et comment a-t-il été réalisé ?

Il y a tout d’abord un côté camgirl dans le clip. Je me filme avec une webcam pour montrer le côté sensuel et évoquer l’envie d’être vue. Je trouve l’image des camgirls assez forte pour faire passer ce message.

En revanche, il n’y a pas de critique d’une société trop « narcissique ». Ce que je critique, c’est le fait de ne pas se voir, même à travers des écrans. Les jeunes qui passent leur temps à prendre des selfies ont envie d’exister. C’est incroyablement humain et je les admire.

Dans le clip, il y a aussi un côté vacances qui rappelle les petits moments de bonheur, d’intimité. Les garçons avec qui j’ai bossé sur cet EP apparaissent dans le clip et ça me fait plaisir de garder une trace de cette première expérience.

Le clip mélange l’aspect un peu barré, un peu triste avec l’aspect plus dansant et plus léger. J’ai ces deux côtés en moi, je voulais un clip et une chanson qui me ressemblent.

Pourrons-nous assister à tes concerts prochainement ?

Le 8 décembre, je donne un concert au Pop-up du Label à Paris. Adrien, un de mes musiciens à la basse et au synthé, organise une exposition. Ça sera un concert amical et intime, l’entrée est gratuite.

Le lendemain, le 9 décembre, je fais les Bars en Trans à Rennes. D’autres concerts sont prévus mais ils ne sont pas encore annoncés.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Désormais, chaque chanson de l’EP a son propre clip. Les clips des titres « Eoliennes » et « Il y a » vont sortir très prochainement. Actuellement je travaille sur d’autres chansons. Et puis mon objectif serait de faire plusieurs concerts et festivals, et de vivre encore des moments intenses !

Article à retrouver sur Radio Néo.

Laura Barbaray

Focus sur la playlist : l’interview d’EX-ILE

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Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En octobre, le jeune duo EX-ILE (Léo et Tarik) de Noisy-le-Sec (93) avec le titre « J’attends la chance » est mis à l’honneur.


Vous êtes deux jeunes artistes de 22 ans (Léo) et 23 ans (Tarik). Poursuivez-vous des études supérieures ou bien vous consacrez-vous entièrement à la musique ?

Tarik : Pour ma part, je viens de finir mes études il y a peu de temps. J’étais à l’école d’urbanisme de Paris, qui appartient à l’université de Marne-la-Vallée.

Léo : J’ai fait des études en communication, mais ça ne m’a pas plu. Pour l’instant, je ne poursuis pas un cursus universitaire. Mais je n’exclus pas l’idée de reprendre les études ! On aimerait se laisser un an pour nous consacrer à nos projets musicaux. On verra où cela nous mènera.

On vous connaissait l’an dernier sous le nom de « Hermès Baby ». Pourquoi avoir changé le nom de votre groupe par EX-ILE ? Comment ce projet est-il né ?

Tarik : On a eu un différend avec la marque, qui nous a envoyé un courrier nous demandant de changer le nom du groupe. « EX-ILE » est synonyme d’échappatoire. C’est par la musique et par les textes que l’on peut s’échapper de notre quotidien. On sort de notre banlieue, de notre isolement. Et puis l’an dernier on a véritablement enrichi notre projet, nos musiques. Alors changer de nom permettait aussi une renaissance du groupe.

Léo : Cela fait sept ans que l’on joue de la musique ensemble, mais depuis deux ans on a monté plus concrètement le duo pour écrire les textes, composer des musiques et réaliser des clips. Notre projet s’étend sur cette longue période : de l’apprentissage de la musique il y a sept ans jusqu’à maintenant où l’on est plus dans la recherche musicale et dans la composition.

Quels sont les artistes qui ont influencé votre musique ? Comment pourriez-vous définir votre style musical ?

Léo : Je pense que le groupe qui nous a mis une claque et qui nous a appris à composer, à penser la musique, c’est Phoenix, un groupe électro/rock français. On a regardé des quantités de documentaires sur Arte à propos de la composition de leur album. Ça nous a totalement inspiré. Et puis nos amis écoutent plein de choses différentes, alors on absorbe tout ce que l’on peut !

Tarik : Dernièrement, parmi les artistes qui nous ont inspiré il y a Frank Ocean, un compositeur-interprète américain qui mixe des mélodies très différentes, ainsi que Tyler The Creator, un artiste américain hip-hop. On aime être à la synthèse d’une culture musicale qui brasse rap, pop, électro… On a des influences, mais on ne se revendique pas d’un seul style musical en particulier.

Votre premier EP « Direction Est » est sorti le 20 octobre. Comment s’est déroulée cette toute première expérience et de quoi parle votre EP ?

Tarik : C’est une expérience qui s’étale sur deux ans. On a d’abord enregistré des morceaux chez nous, au fur et à mesure de nos compositions.

Léo : Et puis, on a rencontré la maison de production GUM à qui on a proposé notre EP. On est ensuite passé en studio avec Bastien Dorémus, notre producteur musical (l’un des musiciens de Christine And The Queens).

Tarik : Bastien nous a aidé à voir plus loin, à apporter de la fraîcheur dans ce que nous avions déjà enregistré. On a revu les arrangements et retravaillé avec du matériel plus élaboré.

Léo : On a eu la chance de travailler avec des musiciens géniaux tout en gardant notre propre originalité musicale.

Tarik : En ce qui concerne la signification de l’EP, dans nos textes on raconte ce que l’on vit, on reste proche de notre quotidien. Finalement, on interroge notre identité. On vient de banlieue, mais on est constamment attiré par Paris…

Léo : On considère l’EP comme une boucle : les textes évoquent un gars qui rentre dans sa banlieue à l’aube d’une soirée parisienne. La journée, il a des hauts et des bas, des espoirs et des désillusions. Et puis sa routine recommence.

Tarik : Les titres forment aussi une boucle. On commence par le titre « Direction Est » et se termine par « A l’Est rien de nouveau ». On revient toujours sur notre point de départ.

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Ep « Direction Est » – octobre 2017 – © Juan Clemente

Le titre « J’attends la chance » fait partie des entrées en playlist ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle pourrait être sa signification ?

Léo : C’est un morceau très important pour nous. Il est venu à nous presque par hasard. J’ai commencé par enregistrer un son au clavier, juste pour tester. J’ai posé ma voix sur le morceau sans vraiment réfléchir. Et Tarik a écrit un texte de dingue (j’ai été surpris !).

Tarik : Cette expérience nous a marqué : c’était la première fois que l’on composait une musique qui nous ressemblait réellement. Des textes simples, une musique simple. Quand on l’a présenté à la première démo, on appréhendait, on allait livrer une part de nous-même…

Le titre et les paroles rappellent notre situation à l’époque. J’attends la chance, mais en même temps je peux et je vais la provoquer car personne ne va me la donner. C’est ce qui caractérise la jeunesse banlieusarde.

Le clip, en noir et blanc, suit votre escapade à moto à travers Noisy-le-Sec. Quel lien entretient-il avec le titre « J’attends la chance » ?

Léo : Le clip a été réalisé avant la musique. Et finalement, la musique concordait entièrement avec les images. Ça a été un hasard évident.

Tarik : On a filmé un ami à moto. A l’origine, quand j’écrivais le morceau, je pensais déjà à lui. On souhaitait évoquer une échappée, une fuite. On peut dire que l’on a pris le contre-pied de ce que l’on pourrait comprendre par « J’attends la chance ». On n’attend pas, on prend en main nos aspirations, nos désirs.

Le clip a été entièrement réalisé avec un iPhone. Pourquoi avoir choisi cet outil pour le tournage ?

Léo : En fait, on avait l’idée de réaliser un clip avec du vrai matériel. On a commencé par faire des repérages avec l’iPhone. Et puis on s’est rendu compte que les prises de vues fonctionnaient parfaitement et adhéraient à notre identité.

Tarik : Aussi, la réalisation du clip se prêtait bien aux paroles du morceau. Pourquoi attendre alors que l’on peut le faire nous-même ? Cette spontanéité nous caractérise.

Avez-vous déjà des concerts prévus ?

Tarik : Non, mais nous sommes en pleine préparation du live. On répète au studio Pigalle et au studio Bleu à Paris. On retravaille avec Bastien qui nous aide beaucoup.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Léo : Le live sera la prochaine étape. Et puis on avance notre prochain EP qui devrait sortir avant l’été.

Tarik : On travaille aussi l’écriture des prochains clips. Et on réfléchit à l’idée d’un éventuel album… Pourquoi pas.

Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Focus sur la playlist – l’interview d’Alligator

Articles & interviews, Musique

Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En septembre, le duo Alligator (Camille et Alexis) avec le titre « Rafale » est mis à l’honneur.


Quel est votre parcours personnel à tous les deux et comment le projet Alligator est-il né ?

Alexis : On s’est rencontré quand je suis arrivé à Paris il y a trois ou quatre ans. On avait monté un groupe de musique rock à plusieurs, Camille était la chanteuse. Mais ça ne s’est pas super bien passé dans le groupe. On n’arrivait pas vraiment à composer de morceaux.

Camille : Chacun venait avec son style musical mais on ne s’entendait pas. Et puis on s’est retrouvé à deux et on s’y est mis à fond. On répétait dans une salle, c’était bien plus productif.

Alexis : A la suite de quelques répétitions, Alligator est né en août 2016. Ensuite, on a mis nos musiques en ligne sur SoundCloud.

D’où vient le nom du groupe « Alligator » ?

Camille : On avait un peu de mal à trouver, alors j’ai traîné pendant des jours et des jours sur des sites d’anagrammes. J’ai essayé mon prénom, celui d’Alexis, nos noms de famille. Finalement, avec nos deux noms de famille cela faisait « alligator » et « octets ». On a décidé de garder « Alligator » pour le nom de groupe et « Octets » pour le nom de l’album.

Quelles sont vos influences musicales qui forgent la particularité de votre groupe ?

Camille : Je pense qu’il y a une différence entre ce que l’on joue et ce que l’on écoute. Cependant, les années 80 sont une référence musicale évidente. Personnellement, je suis une grande fan de Daho !

Alexis : On essaie de modeler notre propre style musical. Pour ma part, j’ai des influences musicales plutôt anglo-saxonnes. Comme nous avons convenu d’écrire nos paroles en français, Alligator est une expérience musicale toute nouvelle pour moi.

Parvenez-vous à vivre de votre musique ou avez-vous un travail à côté ?

Camille : Non, pas du tout ! Moi je suis architecte, et Alexis est médecin. Nous n’avons pas l’intention d’abandonner notre métier. J’aime ce que je fais. Cependant, on aimerait consacrer plus de temps à notre groupe.

Comment se sont déroulés la composition et l’enregistrement de votre album « Octets » sorti en décembre 2016 ?

Alexis : On n’a pas été produit, c’est un album entièrement fait maison et enregistré dans un appartement du 19ème arrondissement de Paris !

Camille : Après la sortie de « Octets », on nous a conseillé des logiciels pour remastériser quelques morceaux. Quand on a mis en ligne nos musiques sur SoundCloud il y a un an, on savait qu’elles n’étaient pas parfaites. Mais pour l’instant nous ne souhaitons pas les réenregistrer. Le premier jet nous plaît, c’est le fruit de notre travail !

Alexis : Notre album est disponible sur la Souterraine et on aura bientôt un CD au mois de septembre.

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Vous avez joué aux Trois Baudets le 19 septembre. Cette salle possède une riche histoire musicale (Brassens, Brel, Gainsbourg et bien d’autres y ont joué). La salle est également gérée par le Jardin Imparfait, la société qui héberge Radio Néo. Qu’est-ce que la salle des Trois Baudets représente pour vous ?

Camille : Je n’y étais jamais venue. J’ai été ravie et un peu stressée de jouer dans cette salle historique.

Alexis : Je suis venu une fois pour assister au concert de Jaune, le batteur de Frànçois and The Atlas Mountain. La salle est intimiste et se prête bien à notre groupe. On s’y sent bien.

Camille : C’était vraiment super de jouer aux Trois Baudets. La taille de la salle, la pénombre et le fait que les spectateurs soient assis nous ont complètement mis dans une atmosphère intimiste, limite théâtrale et nous avons joué comme à la maison, en oubliant presque le public. C’était une très belle expérience et nous espérons avoir la chance d’y rejouer un jour.

Vous avez joué à l’Aéroport d’Orly fin août. Comment avez-vous été contactés et comment le concert s’est-il déroulé dans ce lieu atypique ?

Camille : C’était à l’occasion du concours Gate Up avec les Inrocks et l’Aéroport d’Orly. Alexis nous a inscrit (le jour de la fermeture des inscriptions…). On a été sélectionné et 15 groupes ont joué. Habituellement, les gens arrivent très tôt à l’aéroport, alors ils prennent le temps de s’arrêter. De plus, on jouait pendant des sessions de 20 minutes suivies de 20 minutes de pause. Le format du concert était idéal pour ce lieu.

Avez-vous d’autres concerts de prévus et des projets pour la suite ?

Camille : Le 14 octobre on retourne à l’Aéroport d’Orly pour un concert car nous sommes dans le top 5 du concours.

Alexis : Le 25 octobre on va jouer au Motel x Bar à Bastille.

Camille : On a aussi réalisé une nouvelle chanson qui sortira bientôt. On en a d’autres en préparation. Et puis on finalise un clip que l’on a tourné cet été.

Le titre « Rafale » fait partie des nouvelles entrées en playlist de ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle est sa signification ? Quel lien le clip entretient-il avec la chanson ?

Camille : On a écrit les paroles tous les deux en essayant de mixer plusieurs choses. Il y a plusieurs interprétations possibles, même si je dois avouer que les paroles, à un moment, rejoignaient un peu la cause animale. J’ai réalisé le clip (des tableaux en 3D) sur SketchUp, un logiciel de création d’images 3D. Ce n’est pas une idée que j’ai eu avec la chanson mais l’art est sujet à tout type d’interprétation et la mise en 3D en suggère une parmi une infinité. Le clip collait bien au rythme de « Rafale ». On ne voyait pas d’autres clips possibles pour ce titre.

Laura Barbaray

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Alligator – Les Trois Baudets le 19/09/2017 – © Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.