Focus sur la playlist – l’interview de MOU

Articles & interviews, Musique

Artistes en floraison Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En février, l’artiste nantais MOU avec le titre « Godbless » est mis à l’honneur.


Tu es cuisinier à tes heures perdues à Nantes. La musique reste-t-elle un passe-temps ou envisages-tu de quitter tes fourneaux ?

Pour commencer, disons que je suis musicien à mes heures perdues. Ma formation de base c’est la restauration, alors que je n’en ai jamais effectuée pour la musique. On va dire qu’il est un peu trop tôt pour moi d’envisager de quitter mes fourneaux. Bien que ces derniers temps je me penche énormément sur ma musique et les projets à venir. Laissons le temps aux choses, voir comment cela évolue, et pourquoi pas, un jour quitter ma cuisine, quand la route sera plus claire… Je suis de nature anxieuse, j’ai besoin de savoir où les choses m’emmènent avant de foncer.

D’où vient ta passion pour la musique et comment es-tu entré dans le monde musical ?

J’ai toujours écouté énormément de musique, mes parents n’avaient pas beaucoup de vinyles mais les écoutaient tous les jours. J’ai aussi deux grandes sœurs qui adorent la musique, beaucoup de chanson française en réalité. Et par la suite j’ai commencé à squatter la médiathèque de ma ville natale avec des potes, pour chopper des skeuds et les graver à la maison pour agrandir ma collection.

Je suis entré dans le monde musical en faisant des rencontres, principalement une fois sur Nantes. Ça a commencé avec Bâton (batteur de Rhum for Pauline), il m’a beaucoup conseillé sur comment avancer là-dedans. Ensuite, c’est allé assez vite, je connaissais aussi Lenparrot, et ces deux-là sont liés au label Futur. Futur m’a programmé pour leur festival qui est organisé tous les ans en juillet à Trempolino. Et à partir de là, j’ai rencontré La Brousse, le co-fondateur du label, qui m’a proposé de bosser sur ses prods. C’est le beatmaker de l’EP et il a aussi fait toutes les instrus.

On te décrit souvent comme « ni rappeur et ni chanteur ». Es-tu d’accord ? Quelles sont tes influences musicales ?

Je suis relativement d’accord même si je ne suis pas fan des étiquettes que l’on peut donner aux musiciens. Mes influences sont principalement hip-hop, mais ma famille n’écoutait que de la chanson française donc ça a dû avoir un impact sur ma musique aussi. Pour les artistes qui m’ont vraiment marqué, il y a Doc Gynéco avec « Première Consultation », Oxmo Puccino avec « L’amour est mort » ou encore Fabe avec « Détournement de son ». A présent, des groupes comme Mild High Club, Homeshake et des gars comme Muddy Monk font partie des artistes que j’écoute beaucoup.

Ton nom d’artiste « MOU » laisse imaginer une certaine nonchalance, une certaine mollesse dans tes chansons. Pourquoi avoir choisi ce nom, un brin provocateur ?

En effet, je voulais marquer la chose. Je suis relativement calme, voire mou personnellement et je me suis rendu compte que dans ma musique, cette nonchalance revenait. Cela me semblait logique de ne pas vendre quelque chose qui n’était pas moi, je pense que les gens sont prévenus quand ils écoutent mes tracks !

Ton premier EP « Full Sentimental » est sorti le 19 janvier 2018. Qu’exprimes-tu à travers tes chansons, aux rythmes lents et ankylosés ? Y a-t-il un rapport avec ton nom d’artiste « MOU » ?

Le but de cet EP était de tester d’autres choses avant tout. Me prêter plus à chanter, sur des beats dont je n’étais pas habitué auparavant. Ce qui reste cool, c’est que La Brousse a aussi une très bonne culture hip-hop donc on a pu trouver un terrain d’entente. J’essaie juste de parler de mon quotidien, des choses qui m’entourent, parfois de détails futiles mais aussi de délires plus lointains et imaginaires.

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© Mou – Full Sentimental

Le titre de ton EP fait-il référence à Alain Souchon ?

Je suis un grand amateur de jeux de mots, et pouvoir faire un clin d’œil à la chanson française tout en expliquant que l’EP est rempli d’amour c’était parfait.

A l’écoute de ton titre « Godbless », on ressent de l’amertume. Les paroles sont incisives et mélancoliques. Quelle émotion souhaites-tu partager à travers ce titre ?

A la base, je voulais créer une mélancomédie, ce que personne n’a compris. Je parle d’un chien qui se nomme Godbless, qui me mène la vie dure. J’ai essayé de l’imager comme si c’était une personne, en décidant que ses croquettes seraient des corn flakes et qu’il s’éclipsait dehors quand il y avait trop de fumée de clopes à l’intérieur. Tout ça, sur une instru très mélancolique, pour contre-balancer la chose. Mais finalement, chacun en fait son histoire et ce n’est pas plus mal.

Comment a-t-il été composé ?

Lorsque Quentin (La Brousse) m’a envoyé cette prod, je savais qu’il fallait faire quelque chose avec mais je ne voulais pas tomber dans le côté « drama », c’était trop facile. Et puis, j’ai tendance à mater beaucoup de vidéos de chiens sur Instagram, ce qui est arrivé le jour où j’ai écouté l’instru de « Godbless ». Du coup c’est allé assez vite pour écrire ce texte car l’envie d’avoir un chien me démange depuis un petit moment… J’adore les chiens, c’est une passion depuis tout petit. Je pense qu’on retrouvera le thème canin dans d’autres sons.

Le clip de « Godbless » te met en scène dans une maison presque vide avec ce fameux chien. Tu sembles planer dans une atmosphère surréaliste. Que signifie le clip et comment a-t-il été réalisé ?

Le but était de mettre en avant juste un chien et moi, raconter une histoire à deux, et que derrière la jolie tronche de ce chien, il me menait la vie dure… Amener une vision surréaliste était cool car cette chanson l’est complètement, je fais quand même un titre sur un animal qui n’en a rien à faire de mes dires et me laisse sous les décombres de ces conneries.

Le père d’une de mes amies a un grand domaine avec de vieux bâtiments abandonnés. En plus de cela, il possède 3 ou 4 chiens donc le cadre était idéal pour tourner le clip. Ensuite, j’ai contacté Zoé Cavaro, qui avait déjà travaillé avec moi auparavant, je lui ai expliqué le thème, le contexte, et elle a réussi à retranscrire dans les images tout ce que je désirais. C’est elle qui a fait le travail, car j’avais des idées en tête mais elle a très bien réussie à apporter sa touche.

Quels sont tes prochains concerts ?

Le 17 mars au Pop Up du Label à Paris, c’est une réunion du gang Futur. Il y aura les différentes signatures que le label a pu faire ces dernières années, avec Ricky Hollywood, Ed Mount et moi-même. Mais aussi, Voyou, qui est un pote à nous, en dj set avec La Brousse et Raphael d’Hervez, les fondateurs du label.

Sinon il y a le 5 mai au Pannonica à Nantes, pour une carte blanche de Lenparrot. Une belle réunion de copains avec Tonus, La Muerte, Discolowcost et Lenparrot himself.

As-tu des projets pour l’avenir ?

Pour le moment j’écris. De nombreuses choses risquent d’arriver d’ici peu, avec pas mal de surprises. Je n’ai pas de projet d’album pour le moment, le format d’EP me plait bien, ça me permet de peaufiner mon univers et pouvoir garder une cohérence sur le projet.

Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

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Stage chez Radio Néo

Rapports de stage

Du 8 au 19 janvier 2018, j’ai effectué un stage chez Radio Néo.

LA PETITE HISTOIRE DE RADIO NEO

Dans les années 2000-2001, trois acteurs du monde de la musique s’engagent dans un projet fou. Eric Baptiste (ancien directeur général de RFI, ancien directeur de la Confédération Internationale des Sociétés et d’Auteurs et Compositeurs [Sicac] et actuel président de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique [Socan]), Enrico Della Rosa (ancien délégué général des Victoires de la Musique) et Stéphan Paris (ancien directeur marketing des Victoires de la Musique et ancien directeur général de News Tank Culture) sont à l’origine de Radio Néo, dédiée à la découverte musicale francophone.

Pour comprendre les origines de Radio Néo, il faut s’intéresser à l’histoire de la radio Ici et Maintenant. Rendre la radio et la parole au peuple, tel était le concept d’Ici et Maintenant à l’époque. Les auditeurs téléphonaient et débattaient à l’antenne sur des questions de sociétés. Les sujets étaient libres. Cependant, cette liberté totale a permis la diffusion de messages racistes. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sanctionné la radio. Les programmateurs de la radio se sont engagé dans une lutte acharnée. Des semaines à camper devant le CSA et à diffuser les programmes dans la rue, pour finalement gagner une demi-fréquence de la 95.2 FM (Paris).

Un appel à candidature a été lancé pour acquérir l’autre demi-fréquence. C’est ainsi que Radio Néo est née, sous l’impulsion d’Eric Baptiste, d’Enrico Della Rosa et de Stéphan Paris. Elle diffuse de 7h à 14h et de 19h à 23h à Paris. En 2008, Radio Néo s’ancre en province, avec l’ouverture des fréquences à Toulouse, Bourges et Marseille qui diffusent des artistes locaux.

RADIO NEO, C’EST QUOI ?

Radio Néo est une radio associative, gérée par l’association « Les Antennes de la relève » dont le but est de promouvoir la scène musicale française et les artistes émergents. Attentive aux innovations culturelles, Radio Néo intègre dans son programme des sujets autour du théâtre contemporain, du cinéma, des arts plastiques ou encore des thèmes de sociétés.

Entre 2005 et 2010, Radio Néo organise des concerts environ deux fois par semaine dans des salles parisiennes comme les Trois Baudets ou la Maroquinerie. Shaka Ponk, Mademoiselle K ou encore Tryo faisaient partie des invités.

En 2015, Radio Néo se renouvelle. L’entrepreneur Olivier Poubelle devient président de l’association. Radio Néo est désormais hébergée par sa société Le Jardin Imparfait qui regroupe l’ensemble de ses activités (la gestion de salles de spectacles parisiennes comme La Maroquinerie, le Bataclan ou encore le Théâtre des Bouffes du Nord), la production de spectacles (Astérios, Yuma Productions…). A la rentrée 2017, Radio Néo change sa grille de programmes, avec une quotidienne comme émission principale, « CHAOS », du lundi au jeudi de 19h à 20h. Olivier Poubelle a également acté pour une refondation du site web et les jingles ont été réalisés par le groupe Fauve. En 2016, l’audience de Radio Néo à Paris a atteint 30 000 auditeurs par jour.

La radio doit respecter certaines conditions pour entrer dans la catégorie de « radio associative ». Le président ne détient pas le capital et la radio ne doit pas faire de bénéfices. Radio Néo possède 200 000 euros de budget par an. Elle reçoit également des subventions de la part de La Société Française d’Equipement Rationnel (SFER) à hauteur de 40 000 euros par an, de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (Sacem, 30 000 euros), de la région Ile-de-France (15 0000 euros) et de l’agence d’exportation de la musique belge WBM (Wallonie-Bruxelles Musique, 5000 euros).

DEROULEMENT DU STAGE

Radio Néo comporte un directeur de développement (Thierry) qui s’occupe de la production et du montage des émissions, un responsable des antennes (Sébastien) qui coordonne les émissions à l’antenne et réalise les mises à jour du site, et un journaliste (Thomas) qui prépare les émissions avec les artistes. Trois jeunes diplômés en service civique travaillent également pour Radio Néo. Marie est la chargée de communication, Juliette réalise des chroniques et monte des contenus audio, et Hugo (qui travaille principalement pour la radio rap OKLM) intervient une fois par mois en tant que chroniqueur pour mettre en avant des jeunes rappeurs.

  • Veille médiatique et documentation

Thomas, le journaliste, doit se tenir informer des sorties d’albums, de la programmation des théâtres contemporains et éventuellement des expositions parisiennes pour inviter des artistes musicaux, des comédiens ou des acteurs du monde la culture. C’est ce qu’on appelle faire de la veille médiatique. Pour cela, je me suis rendue sur les sites web des théâtres de Paris (par exemple la Ménagerie de verre, le Théâtre de la colline ou encore le Théâtre du Rond Point) et sur les sites spécialisés dans la musique (Les Inrockuptibles, The Drone, Bonzaï ou encore Tsugi).

De plus, j’ai aidé à préparer l’émission quotidienne CHAOS qui recevait l’artiste de pop urbaine Chaton le 18 janvier. J’ai réalisé un travail de documentation sur l’artiste. Dans un même fichier, il faut regrouper la biographie de l’artiste, la date de sortie de son dernier album, les derniers articles et interviews ainsi que des anecdotes qui pourront donner des idées d’angles et de la matière à l’interview.

  • Observation d’émissions de radio

Lors de mon stage, j’ai pu assister à deux émissions de radio enregistrées. La première était l’émission « La sauce » de la radio OKLM dédiée à la culture urbaine. Emmanuel Ricci, un directeur artistique belge et créateur de vêtements, était l’invité. Son travail consiste à recruter des rappeurs et d’en faire des « superstars » selon son expression. L’émission était filmée et animée par des chroniqueurs.

La seconde était l’émission CHAOS de Radio Néo qui invitait The Limiñanas, un duo français de rock garage, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Shadow People ».

Lors des enregistrements, un producteur coordonne l’émission : il gère les micros, lance les jingles, les musiques, et les « tapis » que l’on nomme aussi les « beds », c’est-à-dire la légère musique qui accompagne les voix en fond. Le journaliste n’oublie jamais qu’il s’adresse aux auditeurs : il remet toujours les faits dans leur contexte et présente brièvement les artistes qui peuvent ne pas être connus du public.

  • Enregistrement des agendas culturels

Pendant mon stage, j’ai rédigé les agendas culturels pour les semaines du 22 et 29 janvier. Ce sont des petites chroniques de deux minutes qui présentent trois idées de sorties par jour (expositions, concerts, spectacles…). Elles sont diffusées tous les matins. Dans un premier temps, je me suis entraînée à oraliser mes textes, qui n’est pas un exercice facile.

J’ai donc enregistré les agendas culturels dans le studio. J’ai appris à me servir de la console. Tout d’abord, il faut allumer le micro et augmenter le niveau sonore entre 7 et 8. Puis, on règle le volume du casque pour s’entendre. Enfin, il faut sauvegarder le fichier audio et le renommer, que l’on récupère dans le dossier commun « TRANSIT » pour effectuer le montage par la suite.

La partie montage demande du temps, de la concentration et des compétences techniques. J’ai appris à me servir du logiciel WaveLab. Pour monter les agendas culturels, il faut le générique de Radio Néo ainsi qu’un « bed ». Sur ce genre de chronique courte, on doit enlever les respirations trop longues et les claquements de langues, désagréables à l’écoute. Entre chaque idée de sortie, on augmente le volume du « bed » durant 4 à 5 secondes pour marquer la transition. Enfin, on doit ajouter le traitement de voix « FM radio » pour obtenir un son adapté à la radio.

  • Participation à l’émission CHAOS

Enfin, j’ai eu la chance de participer à l’émission CHAOS de Radio Néo. Sur le thème « Les artistes que vous n’avez pas entendu en 2017 », deux chroniqueurs revenaient sur les artistes (français ou internationaux) passés sous les radars des médias en 2017. J’ai réalisé une chronique de deux minutes sur Thylacine, un artiste de musique électro. Les phrases devaient être courtes et simples. Là, je me suis confrontée à une difficulté majeure : éviter de lire la chronique et adopter un ton fluide. Ainsi, j’ai présenté la projet de l’artiste ainsi que son actualité. J’ai également choisi un titre à diffuser, « Poly » de son album Transsiberian. Le podcast de l’émission est en ligne sur le site de Radio Néo.

QUELLES CONCLUSIONS TIRER DU STAGE ?

Ce stage s’est révélé véritablement constructif et m’a permis de découvrir le monde de la radio. En classe de seconde, j’ai réalisé un stage en presse écrite au sien de la rédaction du magazine Joggeur (Editions Larivière), et en 2016 un stage chez News Tank Culture, une rédaction web. Ainsi, le stage chez Radio Néo a complété mes expériences et a renforcé mes compétences techniques (utilisation d’une console et du logiciel de montage, rédaction dans le style « chronique »). J’ai notamment appris à poser ma voix lors des enregistrements des agendas culturels. J’ai pu observer et comprendre comment se déroulait une émission de radio, du travail de documentation en amont à la coordination des contenus audios. Chacun joue un rôle précis, mais le travail en équipe est primordial. Par exemple, lorsque la radio doit renouveler sa playlist (les nouveaux artistes que Radio Néo choisi de diffuser), tout le monde doit participer aux réunions et les décisions sont prises d’un accord commun.

Ce stage conforte ainsi mes orientations professionnelles : travailler au sein des médias dans le domaine de la culture et créer des contenus écrits et audiovisuels.

Chronique Thylacine

Articles & interviews, Musique

Dans l’émission CHAOS SUR LE RING de Radio Néo, j’ai réalisé une chronique sur Thylacine. Le thème était « Les artistes que vous n’avez pas entendus en 2017 ». Voici le script, ainsi que le podcast.


Le thylacine c’est le loup de Tasmanie, une espèce aujourd’hui éteinte. Une sorte de grand chien proche de la hyène, qui vivait la nuit. Mais notre Thylacine n’est pas éteint, non. Bien au contraire. Il fait naître sur la scène française l’électro d’un autre genre. Comme un loup solitaire, notre Thylacine est seul sur scène, avec son pad et son instrument fétiche : le saxophone. Thylacine est en fait William Rezé, il a tout juste 25 ans et il sort des Beaux-Arts. Sur scène, c’est une expérience musicale et visuelle : des projections graphiques, des ondulations oniriques, un halo de lumière. Une œuvre qui mélange les matières artistiques.

Sa musique fait revivre quelque chose qui vient de loin. Quelque qui chose grandit en nous, monte en puissance, comme une petite explosion dans notre poitrine. C’était le cas en avril 2017, à l’Olympia, où il proposait un voyage musical. Car Thylacine a lui aussi voyagé. Fin 2015, son album « Transsiberian » est né des 9000 kilomètres traversés en Russie, à bord du Transsibérien. Le paysage défile et les compositions naissent depuis sa cabine. L’inspiration vient d’une voix, d’un rire, du bruit des rails, d’un chaman qui chante, de personnes croisées au hasard. Mais son projet va plus loin. Son périple russe est fait de rencontres, d’imprévus : c’est un documentaire en 10 épisodes que nous ramène Thylacine. Ou plutôt une fresque musicale, entre un clip d’électro et un reportage sur son voyage, profondément humain.

Retrouvez le podcast sur ce lien : http://www.radioneo.org/fr/podcasts/view/821/chaos-sur-le-ring-musique-2017

Laura Barbaray

Focus sur la playlist : l’interview de Voyou

Articles & interviews, Musique

Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En décembre, l’artiste Voyou, de son vrai nom Thibaud avec le titre « Seul sur ton tandem » est mis à l’honneur.


Tu joues de la trompette depuis ton plus jeune âge. Quelle relation entretiens-tu avec cet instrument ?

C’est un instrument que je connais depuis toujours. Mon père est trompettiste, il était professeur de musique dans un collège et au conservatoire. J’ai un rapport assez familier avec cet objet. J’ai commencé très jeune à en jouer. Et puis au moment de l’adolescence, je m’en suis éloigné, je voulais faire de la musique plus rock.

Aujourd’hui, je rejoue de la trompette, j’ai du mal à m’en séparer. J’ai été musicien trompettiste pour le groupe Rhum For Pauline il y a quelques années. Les membres du groupe savaient que je jouais de la trompette au conservatoire, ils m’ont donc proposé de me joindre à eux.

Comment es-tu entré dans le monde de la musique ?

J’ai été musicien pour trois groupes : Rhum For Pauline, Elephanz et Pegase. Ces différents groupes musicaux avait leur label et au fur et à mesure j’ai rencontré plusieurs personnes. Je me suis constitué un petit réseau. C’est notamment grâce à Elephanz (formé en 2008) que je suis véritablement entré dans le monde de la musique. Le groupe de rock commençait à avoir de l’importance à l’époque et j’ai eu la chance de rencontrer du monde influent. Aujourd’hui, je travaille encore avec certains d’entre eux.

A l’écoute du titre « Seul sur ton tandem » aux tonalités pop/synthétique, on ne s’imagine pas un « voyou » chanter… D’où vient ton nom d’artiste ?

Il n’y a pas vraiment une seule et unique explication. Selon moi, tout le monde s’est fait appeler au moins une fois « voyou » de façon amicale par ses parents, sa grand-mère ou un ami. C’est un nom générique, auquel le public peut facilement s’identifier. Mon projet « Voyou », qui date de 2016, est un projet personnel, mais je souhaite toucher tout le monde. Ainsi, garder mon nom et mon prénom sur scène pour faire de la musique ne m’intéressait pas.

Ton premier EP « Seul sur ton tandem » sortira le 26 janvier 2018. Que racontes-tu dans tes chansons ?

Beaucoup de choses différentes. Je parle de l’enfance, de l’ennui, de l’amour, de l’amitié, de la fuite. Encore une fois, mes chansons concernent tout le monde. Trois titres déjà sortis figureront dans l’EP : « Naufragé », « On s’emmène avec toi » et « Les soirées ». Et un tout nouveau morceau, intitulé « Légende Urbaine ».

Les textes racontent une histoire, j’aimerais que chacun puisse se retrouver, se reconnaître dans les chansons. Que ça évoque pour chacun un sentiment partagé.

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Cover EP « Seul sur ton tandem » – sortie le 26/01/2018

Comment s’est déroulée la fabrication de ton EP ?

J’ai composé mon EP seul avec mon ordinateur, sur le logiciel Logic. J’ai tout composé, tout arrangé moi-même. J’ai également écrit les textes. C’est un processus tout à fait solitaire, donc ! Puis, Julien Delfaut m’a accueilli dans son studio à Paris pour faire quelques reprises de voix et le mixage. A Pornic, dans le studio « La Maison du Futur », j’ai également enregistré quelques prises de son avec des instruments de musique que je ne connaissais pas personnellement, afin d’apporter un peu plus de matière aux musiques.

Quelles sont tes influences musicales ?

Je n’ai pas réellement d’influences musicales précises… Je ne préfère pas un style musical plus qu’un autre, ou une époque plus qu’une autre. J’écoute absolument plein de styles musicaux différents : du rap, de l’électro, du rock, de la chanson française en passant par la musique africaine. Mon père n’écoutait pas tant de musique finalement : il en jouait plus qu’il n’en écoutait à la maison. C’est surtout ma mère et ma sœur qui écoutaient beaucoup de musique : Manu Chao, William Sheller ou encore Michel Fugain. Ma mère adorait la musique latine, aussi ! C’est un mélange de toute cette culture musicale qui a forgé mon propre style aujourd’hui.

Les paroles de « Seul sur ton tandem » sont plutôt douces et mélodieuses. On a même qualifié le titre de « morceau-roman ». Es-tu d’accord avec cette idée ? Qu’as-tu voulu exprimer à travers ce titre ?

Oui, j’essaie de raconter des histoires. Il y a un début, un milieu, une fin avec de la matière. Cependant, je me laisse aller quand j’écris. J’écris pour me faire du bien, j’essaie d’être sincère pour parler à tout le monde. Je raconte une rupture ou un décès, mais de façon douce et sereine. Dans ce sens, j’accompagne chacun dans des moments de vie différents.

Comment a-t-il été composé ?

Pour l’écriture même des textes, je préfère laisser le public s’approprier mes paroles et ne pas révéler ma source d’inspiration.

Au niveau de la composition musicale, il y a plusieurs versions différentes : une cinquantaine, pour être franc ! Pendant un an, j’essayais de trouver l’équilibre parfait, l’accord et la ligne mélodique. Les textes sont tristes certes, mais je souhaitais que la musique soit plutôt pop et pétillante. Ainsi, je revenais constamment sur la musique : dès que j’avais une idée, je modifiais les sons, les rythmes, les accords.

Il n’y a pour l’instant pas de clip accompagnant la musique. Un clip est-il prévu pour ce morceau ?

Le clip pour « Seul sur ton tandem » est en cours. Il doit sortir le 26 janvier 2018, en même temps que l’EP. C’est Vincent Castant qui travaille dessus. Il a déjà réalisé des clips pour Polo & Pan, par exemple. Je l’ai rencontré dans le Pays Basque et m’a fait découvrir sa websérie « Ouai j’vois ouai ». Un travail vraiment remarquable ! Ce que je peux dire du clip pour l’instant, c’est que l’on a tourné des vidéos à la mer et on a loué un tandem. Vincent a un univers bien à lui, je lui fais totalement confiance pour la réalisation du clip.

Pourrons-nous assister à tes concerts prochainement ?

La date la plus importante est celle du 9 avril 2018 à la Maroquinerie à Paris. En ce moment, je suis en tournée pour une quarantaine de dates : le 22 décembre pour le Capsule Festival à Lamballe en Bretagne, le 26 janvier à Rouen et le 27 janvier à la Rochelle… Toutes mes dates sont publiées au fur et à mesure sur ma page Facebook.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Le projet d’un futur album mûrit petit à petit : je commence à enregistrer des nouveaux morceaux !

Article à retrouver sur Radio Néo.

Laura Barbaray

Focus sur la playlist – l’interview d’Alice et Moi

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Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En novembre, le projet Alice et Moi avec le titre « Filme moi » est mis à l’honneur. Rencontre avec la jeune chanteuse Alice Vanor.


Après avoir terminé ton master de journalisme à Sciences Pô en 2016, tu t’es consacrée entièrement au projet Alice et Moi. Envisages-tu de devenir journaliste ou bien souhaites-tu te lancer dans une carrière musicale ?

Aujourd’hui, je me concentre uniquement sur la musique. J’ai toujours voulu faire de la musique. Depuis que je m’y consacre entièrement, ma vie a complètement changé. Je me sens tellement bien que je ne me vois pas faire autre chose que de la musique. J’y pense tout le temps.

Cependant, il y a plein d’aspects dans le journalisme que j’adore : l’écriture, les images, les documentaires. Peut-être que plus tard je me lancerais dans ce genre de projet, mais ce n’est pas ma priorité pour le moment.

Dès ton plus jeune âge, tu baignes dans la musique : ton père est un ancien membre d’un groupe punk. Comment es-tu passée de l’influence d’un père féru de punk jusqu’à la musique pop aujourd’hui ?

Mon père m’a donné le goût de la musique, c’est sûr. Depuis que je suis toute petite, mon père joue de la guitare avec moi. Ma mère aussi écoutait beaucoup de musique : elle allait voir les Rolling Stones en concert. J’ai toujours baigné dans une atmosphère un peu cool, un peu rock. J’adore la musique rock comme The Clash, The Cure…

De mon côté, j’ai toujours écouté d’autres artistes comme Vanessa Paradis. Quand j’étais enfant, je chantais à la fin du dîner entre amis la chanson « Pourtant » de Vanessa Paradis ! Mon père a une voix punk qui déchire. Moi, j’ai une plus petite voix, plus douce, alors c’est vrai que je m’identifiais parfois à des artistes comme Vanessa Paradis. Sa voix est honnête, naturelle : quand elle chante, elle raconte une histoire et ça me touchait beaucoup quand j’étais petite. Je me sentais dans mon univers, même si j’adore le rock.

Plus tard, j’ai découvert le groupe La Femme que j’adore. En ce moment, j’écoute pas mal de rap français avec mes petits frères, comme Lomepal ou Nekfeu. L’accent mis sur le texte me plaît beaucoup.

Le nom « Alice et moi » laisse entendre l’idée d’une personnalité double. Que signifie ce nom et comment le projet est-il né ?

Quand j’étais à Sciences Pô, je faisais déjà de la musique mais sous mon vrai nom, Alice Vanor. Mais je ne m’y consacrais pas encore à plein temps. A l’époque, je travaillais déjà avec Ivan Sjoberg. J’écrivais mes textes en français et Ivan m’a donné des conseils. Lorsque j’ai fini mon master, je me suis rendue compte qu’il y avait ce côté double en moi : un moi quotidien et un moi projeté sur la scène. J’avais envie de basculer de l’autre côté, d’intervertir avec le monde réel et d’aller vers un univers magique.

Il y a un an, pour monter mon projet « Alice et moi », Jean-Baptiste Beurier a travaillé les sons et Ivan sur la compo. Je leur ai expliqué ce que je voulais : chanter en français avec un style électro un peu mélancolique. C’est mon projet, mais dans la musique on travaille toujours entouré. Et puis nous sommes arrivés à ce petit bébé que j’aime bien. Je suis très contente !

En mars 2016, tu es conviée par les inRocks lab à la Gaîté Lyrique à Paris pour donner un concert. Que retiens-tu de cette expérience ?

C’était mon deuxième concert alors je vais être honnête : j’ai du mal à regarder ce live ! J’étais très stressée (et malade…). Mais j’ai quand même adoré, il y avait beaucoup de monde. J’étais très impressionnée. Finalement, c’était une belle expérience. Et grâce aux inRocks lab, j’ai rencontré le manager qui a créé le festival « Cabourg, Mon Amour », avec qui je travaille maintenant.

Le 27 octobre est sorti ton premier EP « Filme moi ». Que raconte-t-il ?

Il parle de la vie moderne, de sentiments universels, d’amour et de solitude. Se sentir seul dans la foule est un sujet que j’aborde avec le titre « Il y a ». L’EP évoque aussi le narcissisme, mais pas au sens négatif du terme. C’est plutôt le fait d’avoir envie d’être vu, d’exister, comme avec le titre « Filme moi ». Toutes mes chansons sont un peu mélancoliques… C’est juste un peu moi. J’écris sur ce qui me touche dans ma vie : des soirées, des regards, des amours, un peu de jalousie aussi. En tout cas, rien est inventé dans ce premier EP, j’essaie d’être sincère.

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Visuel EP « Filme moi » – Alice et Moi

Comment s’est déroulée cette toute première expérience ?

Ivan m’a aidé sur la compo, on a travaillé les sons dans le studio de JB et j’ai écrit les paroles. Pour le mix et le mastering de l’EP, Perceval Carré et Benjamin Savignogni ont bossé avec nous. Je donnais les lignes directrices, mais c’est un projet qui a pu voir le jour en travaillant ensemble.

Un style plutôt électro-pop aux tonalités synthétiques se perçoit à l’écoute de ton EP. Quelles sont tes influences musicales aujourd’hui ?

J’aime beaucoup le groupe La Femme (mon gros coup de cœur), Odezenne pour son univers et ses textes, Stromaé avec ses paroles déchirantes sur de la musique dansante… Aujourd’hui, il y a énormément de jeunes artistes talentueux. Le monde de la musique est riche de nouveaux artistes dont je m’inspire tout le temps. La nouvelle génération d’artistes écoute des styles musicaux qui se mélangent, qui se complètent, et c’est une source d’inspiration incroyable.

Le titre langoureux « Filme moi » fait partie des entrées en playlist du mois de novembre. Comment a-t-il été composé ? Évoque-t-il une expérience personnelle ?

« Filme moi » est un titre très fort pour moi. J’avais déjà une certaine idée en tête avant de le composer. Ivan m’a envoyé une première version et on a tout de suite senti qu’on allait dans la bonne direction. Et puis le morceau s’est fait très naturellement. JB a trouvé les petits synthés du début. On trouvait le rythme entêtant.

Pour la signification du titre, il y a deux visions : une vision sensuelle d’une fille qui dirait à son copain ou à sa copine « filme moi, garde quelque chose de nous ». Et une vision plutôt existentielle, presque malsaine à force de répéter « filme moi ». On a envie d’être vu, de faire partie du monde, d’être apprécié à sa juste valeur.

Le clip, sensuel et rétro, fait penser à des vidéos de vacances filmées avec un vieux caméscope. Quel lien entretient-il avec le titre « Filme moi » et comment a-t-il été réalisé ?

Il y a tout d’abord un côté camgirl dans le clip. Je me filme avec une webcam pour montrer le côté sensuel et évoquer l’envie d’être vue. Je trouve l’image des camgirls assez forte pour faire passer ce message.

En revanche, il n’y a pas de critique d’une société trop « narcissique ». Ce que je critique, c’est le fait de ne pas se voir, même à travers des écrans. Les jeunes qui passent leur temps à prendre des selfies ont envie d’exister. C’est incroyablement humain et je les admire.

Dans le clip, il y a aussi un côté vacances qui rappelle les petits moments de bonheur, d’intimité. Les garçons avec qui j’ai bossé sur cet EP apparaissent dans le clip et ça me fait plaisir de garder une trace de cette première expérience.

Le clip mélange l’aspect un peu barré, un peu triste avec l’aspect plus dansant et plus léger. J’ai ces deux côtés en moi, je voulais un clip et une chanson qui me ressemblent.

Pourrons-nous assister à tes concerts prochainement ?

Le 8 décembre, je donne un concert au Pop-up du Label à Paris. Adrien, un de mes musiciens à la basse et au synthé, organise une exposition. Ça sera un concert amical et intime, l’entrée est gratuite.

Le lendemain, le 9 décembre, je fais les Bars en Trans à Rennes. D’autres concerts sont prévus mais ils ne sont pas encore annoncés.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Désormais, chaque chanson de l’EP a son propre clip. Les clips des titres « Eoliennes » et « Il y a » vont sortir très prochainement. Actuellement je travaille sur d’autres chansons. Et puis mon objectif serait de faire plusieurs concerts et festivals, et de vivre encore des moments intenses !

Article à retrouver sur Radio Néo.

Laura Barbaray

Focus sur la playlist : l’interview d’EX-ILE

Articles & interviews, Musique

Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En octobre, le jeune duo EX-ILE (Léo et Tarik) de Noisy-le-Sec (93) avec le titre « J’attends la chance » est mis à l’honneur.


Vous êtes deux jeunes artistes de 22 ans (Léo) et 23 ans (Tarik). Poursuivez-vous des études supérieures ou bien vous consacrez-vous entièrement à la musique ?

Tarik : Pour ma part, je viens de finir mes études il y a peu de temps. J’étais à l’école d’urbanisme de Paris, qui appartient à l’université de Marne-la-Vallée.

Léo : J’ai fait des études en communication, mais ça ne m’a pas plu. Pour l’instant, je ne poursuis pas un cursus universitaire. Mais je n’exclus pas l’idée de reprendre les études ! On aimerait se laisser un an pour nous consacrer à nos projets musicaux. On verra où cela nous mènera.

On vous connaissait l’an dernier sous le nom de « Hermès Baby ». Pourquoi avoir changé le nom de votre groupe par EX-ILE ? Comment ce projet est-il né ?

Tarik : On a eu un différend avec la marque, qui nous a envoyé un courrier nous demandant de changer le nom du groupe. « EX-ILE » est synonyme d’échappatoire. C’est par la musique et par les textes que l’on peut s’échapper de notre quotidien. On sort de notre banlieue, de notre isolement. Et puis l’an dernier on a véritablement enrichi notre projet, nos musiques. Alors changer de nom permettait aussi une renaissance du groupe.

Léo : Cela fait sept ans que l’on joue de la musique ensemble, mais depuis deux ans on a monté plus concrètement le duo pour écrire les textes, composer des musiques et réaliser des clips. Notre projet s’étend sur cette longue période : de l’apprentissage de la musique il y a sept ans jusqu’à maintenant où l’on est plus dans la recherche musicale et dans la composition.

Quels sont les artistes qui ont influencé votre musique ? Comment pourriez-vous définir votre style musical ?

Léo : Je pense que le groupe qui nous a mis une claque et qui nous a appris à composer, à penser la musique, c’est Phoenix, un groupe électro/rock français. On a regardé des quantités de documentaires sur Arte à propos de la composition de leur album. Ça nous a totalement inspiré. Et puis nos amis écoutent plein de choses différentes, alors on absorbe tout ce que l’on peut !

Tarik : Dernièrement, parmi les artistes qui nous ont inspiré il y a Frank Ocean, un compositeur-interprète américain qui mixe des mélodies très différentes, ainsi que Tyler The Creator, un artiste américain hip-hop. On aime être à la synthèse d’une culture musicale qui brasse rap, pop, électro… On a des influences, mais on ne se revendique pas d’un seul style musical en particulier.

Votre premier EP « Direction Est » est sorti le 20 octobre. Comment s’est déroulée cette toute première expérience et de quoi parle votre EP ?

Tarik : C’est une expérience qui s’étale sur deux ans. On a d’abord enregistré des morceaux chez nous, au fur et à mesure de nos compositions.

Léo : Et puis, on a rencontré la maison de production GUM à qui on a proposé notre EP. On est ensuite passé en studio avec Bastien Dorémus, notre producteur musical (l’un des musiciens de Christine And The Queens).

Tarik : Bastien nous a aidé à voir plus loin, à apporter de la fraîcheur dans ce que nous avions déjà enregistré. On a revu les arrangements et retravaillé avec du matériel plus élaboré.

Léo : On a eu la chance de travailler avec des musiciens géniaux tout en gardant notre propre originalité musicale.

Tarik : En ce qui concerne la signification de l’EP, dans nos textes on raconte ce que l’on vit, on reste proche de notre quotidien. Finalement, on interroge notre identité. On vient de banlieue, mais on est constamment attiré par Paris…

Léo : On considère l’EP comme une boucle : les textes évoquent un gars qui rentre dans sa banlieue à l’aube d’une soirée parisienne. La journée, il a des hauts et des bas, des espoirs et des désillusions. Et puis sa routine recommence.

Tarik : Les titres forment aussi une boucle. On commence par le titre « Direction Est » et se termine par « A l’Est rien de nouveau ». On revient toujours sur notre point de départ.

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Ep « Direction Est » – octobre 2017 – © Juan Clemente

Le titre « J’attends la chance » fait partie des entrées en playlist ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle pourrait être sa signification ?

Léo : C’est un morceau très important pour nous. Il est venu à nous presque par hasard. J’ai commencé par enregistrer un son au clavier, juste pour tester. J’ai posé ma voix sur le morceau sans vraiment réfléchir. Et Tarik a écrit un texte de dingue (j’ai été surpris !).

Tarik : Cette expérience nous a marqué : c’était la première fois que l’on composait une musique qui nous ressemblait réellement. Des textes simples, une musique simple. Quand on l’a présenté à la première démo, on appréhendait, on allait livrer une part de nous-même…

Le titre et les paroles rappellent notre situation à l’époque. J’attends la chance, mais en même temps je peux et je vais la provoquer car personne ne va me la donner. C’est ce qui caractérise la jeunesse banlieusarde.

Le clip, en noir et blanc, suit votre escapade à moto à travers Noisy-le-Sec. Quel lien entretient-il avec le titre « J’attends la chance » ?

Léo : Le clip a été réalisé avant la musique. Et finalement, la musique concordait entièrement avec les images. Ça a été un hasard évident.

Tarik : On a filmé un ami à moto. A l’origine, quand j’écrivais le morceau, je pensais déjà à lui. On souhaitait évoquer une échappée, une fuite. On peut dire que l’on a pris le contre-pied de ce que l’on pourrait comprendre par « J’attends la chance ». On n’attend pas, on prend en main nos aspirations, nos désirs.

Le clip a été entièrement réalisé avec un iPhone. Pourquoi avoir choisi cet outil pour le tournage ?

Léo : En fait, on avait l’idée de réaliser un clip avec du vrai matériel. On a commencé par faire des repérages avec l’iPhone. Et puis on s’est rendu compte que les prises de vues fonctionnaient parfaitement et adhéraient à notre identité.

Tarik : Aussi, la réalisation du clip se prêtait bien aux paroles du morceau. Pourquoi attendre alors que l’on peut le faire nous-même ? Cette spontanéité nous caractérise.

Avez-vous déjà des concerts prévus ?

Tarik : Non, mais nous sommes en pleine préparation du live. On répète au studio Pigalle et au studio Bleu à Paris. On retravaille avec Bastien qui nous aide beaucoup.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Léo : Le live sera la prochaine étape. Et puis on avance notre prochain EP qui devrait sortir avant l’été.

Tarik : On travaille aussi l’écriture des prochains clips. Et on réfléchit à l’idée d’un éventuel album… Pourquoi pas.

Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Focus sur la playlist – l’interview d’Alligator

Articles & interviews, Musique

Artistes en floraison – Chaque mois, Radio Néo vous propose de découvrir les nouvelles entrées en playlist. En septembre, le duo Alligator (Camille et Alexis) avec le titre « Rafale » est mis à l’honneur.


Quel est votre parcours personnel à tous les deux et comment le projet Alligator est-il né ?

Alexis : On s’est rencontré quand je suis arrivé à Paris il y a trois ou quatre ans. On avait monté un groupe de musique rock à plusieurs, Camille était la chanteuse. Mais ça ne s’est pas super bien passé dans le groupe. On n’arrivait pas vraiment à composer de morceaux.

Camille : Chacun venait avec son style musical mais on ne s’entendait pas. Et puis on s’est retrouvé à deux et on s’y est mis à fond. On répétait dans une salle, c’était bien plus productif.

Alexis : A la suite de quelques répétitions, Alligator est né en août 2016. Ensuite, on a mis nos musiques en ligne sur SoundCloud.

D’où vient le nom du groupe « Alligator » ?

Camille : On avait un peu de mal à trouver, alors j’ai traîné pendant des jours et des jours sur des sites d’anagrammes. J’ai essayé mon prénom, celui d’Alexis, nos noms de famille. Finalement, avec nos deux noms de famille cela faisait « alligator » et « octets ». On a décidé de garder « Alligator » pour le nom de groupe et « Octets » pour le nom de l’album.

Quelles sont vos influences musicales qui forgent la particularité de votre groupe ?

Camille : Je pense qu’il y a une différence entre ce que l’on joue et ce que l’on écoute. Cependant, les années 80 sont une référence musicale évidente. Personnellement, je suis une grande fan de Daho !

Alexis : On essaie de modeler notre propre style musical. Pour ma part, j’ai des influences musicales plutôt anglo-saxonnes. Comme nous avons convenu d’écrire nos paroles en français, Alligator est une expérience musicale toute nouvelle pour moi.

Parvenez-vous à vivre de votre musique ou avez-vous un travail à côté ?

Camille : Non, pas du tout ! Moi je suis architecte, et Alexis est médecin. Nous n’avons pas l’intention d’abandonner notre métier. J’aime ce que je fais. Cependant, on aimerait consacrer plus de temps à notre groupe.

Comment se sont déroulés la composition et l’enregistrement de votre album « Octets » sorti en décembre 2016 ?

Alexis : On n’a pas été produit, c’est un album entièrement fait maison et enregistré dans un appartement du 19ème arrondissement de Paris !

Camille : Après la sortie de « Octets », on nous a conseillé des logiciels pour remastériser quelques morceaux. Quand on a mis en ligne nos musiques sur SoundCloud il y a un an, on savait qu’elles n’étaient pas parfaites. Mais pour l’instant nous ne souhaitons pas les réenregistrer. Le premier jet nous plaît, c’est le fruit de notre travail !

Alexis : Notre album est disponible sur la Souterraine et on aura bientôt un CD au mois de septembre.

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Vous avez joué aux Trois Baudets le 19 septembre. Cette salle possède une riche histoire musicale (Brassens, Brel, Gainsbourg et bien d’autres y ont joué). La salle est également gérée par le Jardin Imparfait, la société qui héberge Radio Néo. Qu’est-ce que la salle des Trois Baudets représente pour vous ?

Camille : Je n’y étais jamais venue. J’ai été ravie et un peu stressée de jouer dans cette salle historique.

Alexis : Je suis venu une fois pour assister au concert de Jaune, le batteur de Frànçois and The Atlas Mountain. La salle est intimiste et se prête bien à notre groupe. On s’y sent bien.

Camille : C’était vraiment super de jouer aux Trois Baudets. La taille de la salle, la pénombre et le fait que les spectateurs soient assis nous ont complètement mis dans une atmosphère intimiste, limite théâtrale et nous avons joué comme à la maison, en oubliant presque le public. C’était une très belle expérience et nous espérons avoir la chance d’y rejouer un jour.

Vous avez joué à l’Aéroport d’Orly fin août. Comment avez-vous été contactés et comment le concert s’est-il déroulé dans ce lieu atypique ?

Camille : C’était à l’occasion du concours Gate Up avec les Inrocks et l’Aéroport d’Orly. Alexis nous a inscrit (le jour de la fermeture des inscriptions…). On a été sélectionné et 15 groupes ont joué. Habituellement, les gens arrivent très tôt à l’aéroport, alors ils prennent le temps de s’arrêter. De plus, on jouait pendant des sessions de 20 minutes suivies de 20 minutes de pause. Le format du concert était idéal pour ce lieu.

Avez-vous d’autres concerts de prévus et des projets pour la suite ?

Camille : Le 14 octobre on retourne à l’Aéroport d’Orly pour un concert car nous sommes dans le top 5 du concours.

Alexis : Le 25 octobre on va jouer au Motel x Bar à Bastille.

Camille : On a aussi réalisé une nouvelle chanson qui sortira bientôt. On en a d’autres en préparation. Et puis on finalise un clip que l’on a tourné cet été.

Le titre « Rafale » fait partie des nouvelles entrées en playlist de ce mois-ci. Comment a-t-il été composé et quelle est sa signification ? Quel lien le clip entretient-il avec la chanson ?

Camille : On a écrit les paroles tous les deux en essayant de mixer plusieurs choses. Il y a plusieurs interprétations possibles, même si je dois avouer que les paroles, à un moment, rejoignaient un peu la cause animale. J’ai réalisé le clip (des tableaux en 3D) sur SketchUp, un logiciel de création d’images 3D. Ce n’est pas une idée que j’ai eu avec la chanson mais l’art est sujet à tout type d’interprétation et la mise en 3D en suggère une parmi une infinité. Le clip collait bien au rythme de « Rafale ». On ne voyait pas d’autres clips possibles pour ce titre.

Laura Barbaray

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Alligator – Les Trois Baudets le 19/09/2017 – © Laura Barbaray

Article à retrouver sur Radio Néo.

Festival LaBel Valette : la noble demeure de la street-culture – rencontre avec Sébastien Lis

Articles & interviews, Sorties, urban art paris

Sur la photo de gauche à droite : Clément de Nercy, président de la start-up All Mecen ; Sébastien Lis, co-fondateur de l’association Urban Art Paris.

De la street-culture au cœur d’un festival ? La rentrée s’annonce inédite !

Du 1er au 3 septembre 2017, le LaBel Valette Fest, organisé par l’association Urban Art Paris et la start-up All Mecen, investit le château de la Valette situé à Pressigny-les-Pins dans le Loiret (45), pour trois jours de bouillonnement culturel.

100 street-artists sont venus des quatre coins du monde armés de bombes de peinture, de colle, de pochoirs et ont rénové, transformé, réhabilité l’immense demeure oubliée en une exposition géante. Le festival nous réserve encore bien d’autres surprises…

Dans les locaux de All Mecen, lors du vernissage de « l’avant-propos » du LaBel Valette Fest, Sébastien Lis, co-fondateur d’Urban Art Paris, m’a fait part de cette folle aventure, audacieuse et innovante.

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En tant que co-fondateur de l’association Urban Art Paris, peux-tu nous présenter le site web ? Quels sont ses actions et ses projets ?

Le site web Urban Art Paris présente plusieurs aspects. Tout d’abord, un aspect informatif avec des interviews, des articles que réalisent les membres de la rédaction sur des sujets qu’ils choisissent librement. Cela peut être sur des expositions, un portrait d’artiste, un événement qui aura lieu. Il y a également un axe découverte : lorsque les adhérents d’Urban Art Paris voyagent, ils prennent des photos et se rendent dans des lieux où le street-art est très présent. Cela nous amène à faire des zooms sur des pays, des villes. On peut citer les exemples de la Pologne avec la ville de Lodz, l’Allemagne avec Berlin qui sont des lieux où les graffeurs abondent les rues. En plus de cela, on annonce des événements sur le site, comme des vernissages, des live painting, des festivals, des projections…

Le site internet est véritablement la colonne vertébrale de l’association. C’est par le site web que notre association s’est créée. Tout le monde est bénévole au sein d’Urban Art Paris, que ce soit au niveau de la rédaction, du bureau ou bien des personnes qui s’occupent de l’événementiel. Pour le moment, on est à 48 adhérents, avec un bureau de six personnes et une vingtaine de membres actifs.

Dans deux mois a lieu le LaBel Valette Fest, l’événement artistique d’envergure dédié à la street-culture. Comment l’idée de ce projet est-elle née ?

L’idée de ce projet est née suite à l’événement de La Belle Vitry’N que l’on avait co-organisé avec Digital Street Art et Vitry’N Urbaine l’année dernière à Vitry et qui a eu un très beau succès. Je viens personnellement du Loiret et j’y retourne régulièrement. En passant devant ce château je me suis dis que ça pourrait être la prochaine étape d’un événement d’envergure. Il y a énormément de place avec 10 000m² de murs. J’ai démarché le propriétaire du domaine pour savoir si cela était possible d’organiser un événement dans ce château. Contre toute attente, il a accepté facilement.

Puis, lors d’une assemblée j’ai présenté le projet. L’idéal serait que chaque année nous organisions un temps fort lié à l’association. Les bénévoles et les adhérents aiment s’impliquer sur ce genre d’événement concret où il y a un contact avec les artistes. De même, c’est lors de ces événements que l’on met en avant les artistes que l’on soutient. Cela fait maintenant plus d’un an (avril 2016) que l’association travaille sur le LaBel Valette Fest.

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© Christian Julia – Château de la Valette

Urban Art Paris s’est associé à la start-up All Mecen dans l’organisation du festival. Quelle est la particularité de cette start-up et quel a été son rôle dans la réalisation du projet ? (réponse complétée par Clément de Nercy, président de All Mecen)

La rencontre avec All Mecen s’est faite lors d’une interview que j’ai réalisé à l’occasion de l’exposition Jisbar & Onizbar dans leurs locaux. Le courant est très bien passé. Je leur ai parlé du projet. Il s’est avéré que nous étions totalement complémentaires. C’est une start-up qui, depuis trois ans, met en relation des artistes avec des mécènes. All Mecen propose aux artistes de partager leurs créations sur une plate-forme pour gagner en visibilité. Le but est de soutenir les créateurs, d’aider à financer les projets des artistes dans tous les domaines culturels (musical, littéraire, artistique).

On a les mêmes objectifs : les mécènes ou Urban Art Paris vont d’abord mettre en avant l’artiste et lui donner des moyens de communication pour se développer avant l’aspect financier. Les membres de All Mecen sont devenus de vrais coordinateurs du festival : ils se sont occupés de la partie logistique, de la recherche de financement ainsi que la gestion des artistes.

La création d’un tel événement a sans doute été un travail de longue haleine. Quelles ont été les principales étapes de l’organisation du LaBel Valette Fest ?

Dans un premier temps, il a fallu créer un groupe soudé, tant au niveau des mécènes qu’au niveau d’Urban Art Paris. On a mis en place des réunions régulières pour structurer l’organisation où chacun avait son rôle, dans la communication, la logistique, la recherche de financement ou la gestion des artistes par exemple. Puis, il fallait définir clairement le projet : le street-art et le graffiti font partie de la street-culture dont les trois courants majeurs sont la musique, la danse et les performances artistiques. En partant de cette définition de la street-culture, on a créé un axe musical. On s’est alors rapproché des têtes d’affiches de la scène hip-hop indépendante française, comme La Scred Connexion ou encore Kacem Wapalek.

De plus, on a voulu intégrer un côté pédagogique en mettant en place des live painting, des ateliers, des conférences pour expliquer le mouvement de la street-culture et pourquoi on le définit comme contre-culturel, c’est-à-dire contre la culture de masse.

Ensuite, l’étape de la recherche de fonds a été difficile. Il n’est jamais simple de convaincre des partenaires financiers de suivre une première édition. On avait des fonds propres mais des entreprises nous ont tout de même suivies.

Enfin, obtenir les autorisations a été la phase la plus délicate. En effet, il faut convaincre la mairie d’un petit village de 400 habitants que l’on ne va pas provoquer une invasion de graffeurs et recouvrir tous les murs de la commune. De même, la gestion des artistes demande énormément de travail : tous ne répondent pas dans les temps pour le nuancier de couleur ! Il faut également gérer sur place 100 artistes pendant trois mois.

Pourquoi avoir choisi le domaine de la Valette, un site excentré de la vie urbaine, comme lieu du festival, alors que c’est dans les rues de la ville que foisonnent les œuvres street-art ?

Tout d’abord, nous voulions un lieu unique et exceptionnel, on l’a trouvé à la campagne et non en région parisienne. Nous voulions également créer un paradoxe entre ville et campagne. En effet, ce domaine a la particularité de disposer de deux bâtiments du style Le Corbusier avec un forte présence de structures en béton qui rappellent l’univers urbain. Il nous a semblé intéressant d’intégrer tous ces éléments d’urbanisme à la campagne. Enfin, on voulait casser les codes en faisant entrer la street-culture dans un château, un domaine qui n’est pas le sien. Ainsi, on crée un décalage en amenant le graffiti à la campagne, en invitant des artistes sur un lieu historique, en proposant des œuvres en extérieur et non accrochées sur les murs intérieurs du château afin que l’art soit accessible à tout le monde.

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© Tiski

L’innovation et la création artistique sont au cœur de ce projet audacieux. Que pourront découvrir les festivaliers durant ces trois jours ?

Les festivaliers découvriront plus de 100 œuvres réalisées par 100 artistes de 30 nationalités différentes allant de la première vague graffiti représentée par TKID170 (Etats-Unis) ou encore Wuze (France), à la toute dernière génération d’artistes représentée par Siam (France), le benjamin de notre équipe d’artistes qui vient d’avoir 18 ans. Des œuvres uniques seront mêlées à l’architecture du domaine : une chapelle accueillera une œuvre en volume réalisée par un artiste français. Les visiteurs pourront également assister à la performance d’un artiste très célèbre, Okuda (Espagne), sur la façade du château, et découvrir l’univers de chaque artiste dans les 90 pièces de la demeure mises à la disposition du public. Ainsi, sur un même lieu, on souhaite que la création artistique puisse s’épanouir en toute liberté.

D’autre part, les festivaliers pourront entendre des concerts de jazz et de hip-hop. Là encore, les générations se confondent, allant des groupes qui ont 20 ans de carrière aux artistes qui débutent dans le monde du hip-hop.

Et aussi, pour ceux qui veulent en savoir plus, des conférences seront animées par l’équipe pour expliquer notre démarche. Pour les plus jeunes et les moins jeunes qui veulent s’initier à la calligraphie, au pochoir ou au collage, des ateliers seront mis en place par des artistes. Enfin, tout au long de l’événement, des live painting permettront au public d’observer la création d’une œuvre street-art.

L’événement regroupe des street-artists du monde entier et de générations différentes. Quel est l’objectif d’Urban Art Paris et de All Mecen en créant une sorte de melting pot artistique ?

L’idée est dans un premier de temps de donner l’opportunité à des artistes d’être présents sur des événements d’envergure et qui n’ont pas toujours les moyens adaptés pour. On a lancé un appel à candidature à la suite duquel les artistes ont été jugés pour leur talent, et non pour leur réputation. Notre démarche s’inscrit véritablement dans le renouvellement des artistes urbains pour leur permettre d’acquérir une certaine visibilité ainsi qu’une place dans le milieu.

Quels artistes urbains présentent leurs œuvres lors du festival ?

Dans les artistes que nous soutenons activement, seront présents Yakes, un jeune graffeur d’Ile-de-France ; Bebar (France) qui se confirme cette année ; Mark Gmehling (Allemagne) qui n’est pas très connu au-delà des frontières allemandes et que l’on souhaite faire découvrir au public français ; Théo Lopez, un jeune artiste très prometteur ; LapinThur qui réalise des œuvres en volume ; Softtwix, une femme qui fait du collage. On englobe tous les courants que ce soit le graffiti, le pochoir, le collage, la calligraphie, et toutes les générations des années 1990 à 2010.

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© Erge – Yakes à l’oeuvre

Comment peux-tu caractériser l’expérience du visiteur ?

Son expérience sera exceptionnelle et immersive ! Notre objectif est de captiver le visiteur par la richesse des œuvres exposées, l’animation sur le domaine ainsi que la possibilité d’échanger avec les artistes présents lors du festival. Se divertir, se cultiver et apprendre sont nos maîtres mots.

Le projet de Radio Néo est fondé sur la mise en valeur de la scène émergente et de la découverte musicale. Les différents groupes présents lors du LaBel Valette Fest peuvent certainement plaire à nos auditeurs. Par quoi ces artistes se distinguent-ils ?

La scène est majoritairement tournée hip-hop, accessible à tout le monde. Ce sont des artistes indépendants qui ne sont pas passer par des grosses maisons de disques. Ils empruntent le chemin le plus long pour y arriver. Ainsi, notre but est de leur donner l’opportunité de se faire connaître.

Par exemple, le public pourra assister au concert de TSR Crew, rap parisien du 18ème qui a fait le Printemps de Bourges cette année et qui sera notre tête d’affiche. Irie Jahzz, moins connu, qui joue du jazz punchy. Chromatik, qui acquiert de plus en plus de visibilité sur Paris et qui mélange différents styles, jazz et punk. Ils improvisent souvent sur scène, c’est en cela qu’ils peuvent se distinguer. Napoleon Da Legend, un rappeur américain sera également présent.

Tous ces artistes ont réussi en passant par des circuits alternatifs. Nous sommes dans un milieu contre-culturel, alors il est pour nous spontanée de faire appel à ces artistes qui ont une vraie plus-value créative et musicale.

As-tu d’autres projets à l’esprit dédiés à la scène street-art avec l’équipe d’Urban Art Paris ?

Après le festival nous avons trois projets d’expositions : deux artistes en collaboration Yakes et Bebar, puis les deux en solo. On souhaite mettre en avant ces deux artistes urbains. Lorsqu’un organisme fait appel à Urban Art Paris pour un événement, on propose systématiquement Yakes et Bebar à nos clients. Par exemple, Yakes a réalisé la première fresque éphémère aux Jardins des Tuileries pour un événement intitulé les Jardins de Gally. Bebar participe à la Route du Champagne au mois d’août et réalisera un live painting dans la cave d’un domaine champenois.


Pour vous faire languir, voici en avant-première quelques œuvres des artistes participants au LaBel Valette Fest, exposées lors du vernissage de « l’avant-propos » du festival.

 

 

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Vidéo LaBel Valette Fest

Laura Barbaray