Leska, le duo éclectique

Articles & interviews, Musique

Le bruit des roues d’un skateboard sur le bitume, des tonalités électro percussives, et la voix de José R. Fontao qui monte en puissance. « Curious » le nouveau titre de Leska, duo formé de Marc Mifune (alias Les Gordon) et Thomas Lucas (alias Douchka), donne un avant-goût de leur prochain EP « Circles II » prévu le 15 juin 2018. Après leur succès au Printemps de Bourges l’an dernier, les deux artistes rennais joueront aux Vieilles Charrues le 21 juillet prochain.


Un duo complémentaire

Leska, c’est la rencontre entre deux univers musicaux différents, mais complémentaires. La légèreté de Les Gordon et l’énergie de Douchka.

Marc est violoncelliste. « J’ai étudié au conservatoire » explique-t-il. Avec son projet Les Gordon, il signe plusieurs EPs, aux sonorités synthétiques et japonaises, chez le label Kitsuné. Thomas, lui, est batteur et DJ. Petit à petit, il se fait une place dans la musique électro en signant chez Nowadays Records.

La singularité des deux artistes a formé Leska, en 2015. « On a chacun notre univers. Notre volonté est de créer une troisième entité musicale à part entière » résume Marc. « Lorsqu’on a sorti notre premier morceau ‘Olympia’, on n’imaginait pas faire du live. On produisait du son, mais un son tout à fait nouveau. Et aujourd’hui sur les sessions live, la complémentarité se fait tout naturellement » ajoute Thomas.

Originaires de Rennes, les deux artistes trouvent aussi un point de jonction dans la ville bretonne. « On s’y sent bien. Rennes est comme un foyer pour nous » évoque Marc. « C’est vrai qu’on est particulièrement attachés à la ville, puisque notre premier concert était à la scène de l’Antipode, à Rennes. Cependant, on reste ouverts au territoire national » confie Thomas.

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Leska (Marc et Thomas) – © Micky Clément

De nouvelles expériences sonores

Explorer un genre musical nouveau, imaginer des sonorités progressives. Tel est le projet de Leska. « On n’aime pas les étiquettes. On ne dresse pas de frontières entre les genres. On teste, on expérimente librement de nouveaux sons, ce qui permet d’affiner notre identité, mais notre principal objectif est la recherche de nouvelles expériences sonores » explique Thomas. En piochant dans l’électro, le rock ou encore la musique classique, Leska compose spontanément. « Chaque morceau renouvelle perpétuellement notre style musical » ajoute Marc.

Après leur premier EP « Circles » en 2017, aux mélodies reggaeton et influencé par leur voyage en Afrique du Sud, Leska revient avec l’épisode 2. « Circles II », la suite logique ? « Les rythmes sont plus lents et percussifs, on a beaucoup appris des lives. C’est la suite de notre évolution musicale, de nos recherches sonores », affirme Thomas. Les deux jeunes artistes ont apporté de nouvelles voix, en attachant de l’importance aux collaborations. « Cela s’inscrit toujours dans notre volonté d’expérimenter : sur le premier EP on a déjà samplé, alors intégrer de vraies voix nous semblait intéressant cette fois-ci », selon Marc. La chanteuse américaine Lia prête sa voix sur le titre puissant et organique « Only and only ». Ou encore José R. Fontao, du groupe Stuck In The Sound, sur le morceau « Curious ».

Cover CIRCLES Web Full HD

Circles II – Leska

Des artistes complets

Le duo Leska excelle dans la musique, mais aussi dans la production visuelle. Marc et Thomas ont entièrement réalisé le clip de « Curious », sur le port de Douarnenez en Bretagne. Une nuée de skateurs tournoient au milieu des entrepôts. « Depuis un certain temps, on pensait réaliser un clip avec des skateurs. La websérie de Marion Gervais ‘La bande du skatepark’ a beaucoup influencé notre travail » évoque Thomas. « D’autre part, on a écrit pas mal de maxis sur le port de Douarnenez, c’est significatif pour nous » se souvient-il.

Sur scène, Leska mêle les sons électroniques avec de vrais instruments. Marc joue du violoncelle ou encore de la guitare. Entre deux mix, Thomas se met à la batterie. « Faire danser le public, c’est notre principal désir » résume Marc. La scénographie fait partie intégrante du live : les lumières intensifient les sons pour une performance pleinement réussie. Une effusion d’énergie.

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Clip « Curious » – Leska


Concerts à venir :

  • 21/07/2018 : Festival des Vieilles Charrues – Carhaix-Plouguer
  • 18/08/2018 : Festival Submersons – Muzillac
  • 19/09/2018 : Point Éphémère – Paris

Laura Barbaray

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Riders

Reportages

Les roues qui rebondissent sur le bitume, des planches de bois qui virevoltent et des corps qui ondulent librement dans la chaleur douce d’un soir printanier. Sur les bords de la Seine, on s’arrête. Des jeunes, filles et garçons, semblent aussi légers qu’une petite bulle de savon. Comme suspendus dans l’air, ils dansent sur les planches colorées, enchaînent inlassablement les figures, emportés par une cadence enjouée. Une sensation d’osmose, hors du temps.

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Les Berges – © Laura Barbaray


Réunis au sein du collectif DockSession, les longboarders parisiens laissent libre cours à leur talent chaque dimanche sur les Berges de la Rive Gauche, en face du Musée d’Orsay. Initié en 2014 par Lotfi Lamaali, virtuose du longboard dancing et ambassadeur de marque (Loaded board), DockSession est un rassemblement hebdomadaire qui vise à promouvoir la discipline et créer un lien entre les différentes communautés de longboard à travers le monde. A Paris, l’association compte près de 200 passionnés. Une pratique qui allie danse et glisse.

« Nous, on fait pas mal de freestyle ». Trois jeunes longboard-danceuses, habituées des quais, évoquent leur sport favori. « On laisse flotter notre corps sur la planche, l’esthétique des mouvements s’acquiert peu à peu », explique Ophélie, sa longboard aux motifs tribaux dans les mains. Sur le terrain, les trois amies glissent naturellement, de façon harmonieuse et rythmée. Le longboard dancing attire aussi bien les filles que les garçons. Une mixité appréciée dans le monde du skate et de la culture urbaine.

 

 

Avec un peu d’élan et les écouteurs branchés sur une musique chill, les riders tournoient sur eux-mêmes avec souplesse. « Avant, j’étais trop raide sur la planche. Mais en un an de pratique, j’ai pris de l’aisance » remarque Marvin. Ses petits pas de danse habiles sur la planche lui donnent une sensation de liberté et d’apesanteur. Comme une fusion entre le danseur et sa matière première.

Devant le hangar métallique et tagué, Charles-Adrien lance sa longboard et la fait tourner entre ses pieds. C’est aussi lui qui fabrique les longues planches de bois, chacune personnalisée. Il a créé sa propre marque, Majutsu, imprégnée de culture japonaise. « J’ai aussi réalisé des collaborations avec des street-artists, dont Noty Aroz à l’occasion d’une exposition en 2016. J’ai dessiné le Murciélago – la divinité issue de Batman et de la Santa Muerte mexicaine – sur une longboard », se souvient-il.

 

 

Le bois de la planche racle le sol bétonné. « C’est la figure de l’ange », confie Marvin. Lotfi, le sourire aux lèvres, maîtrise sa longboard parfaitement. Sur place, il multiplie les pirouettes. Avec ses mains, il rattrape sa planche au vol. C’est ce qu’on appelle un aerograb dans le vocabulaire des riders. « On est là tous les dimanches » explique Lotfi. « La Docksession est un rendez-vous libre et spontané. Chacun ride comme il l’entend. Les plus expérimentés donnent des conseils aux novices et tout le monde passe un bon moment » s’enthousiasme-t-il. La seule consigne : une ambiance conviviale. Pour cela, des jam musicaux accompagnent régulièrement les sessions de longboard.

 

 

La DockSession a aussi sa mascotte. Saucisse le Jack Russell, sous le regard attendri des passants, monte volontiers sur une planche… et s’agrippe fermement au mollet de sa maîtresse.

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Saucisse – © Laura Barbaray

La communauté de longboarders évolue dans un climat apaisé, accueillant et chaleureux. Fédérés autour d’une discipline et d’un lieu, les riders partagent des expériences, tissent des liens et donnent une véritable impulsion à la création artistique.

Laura Barbaray